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La banlieue sud se reconstruit, sous la surveillance du Hezbollah

Sous la vigilance du Hezbollah, des travailleurs déposent des blocs de ciment pour bâtir un nouveau complexe de logements à la place du bastion du parti chiite dans la banlieue sud de Beyrouth, rasé par les frappes israéliennes durant la guerre de 2006, raconte Nayla Razzouk de l’AFP. Visiteurs et entrepreneurs sont escortés sur le site par les agents d’encadrement du parti, en uniforme, qui communiquent au moyen de talkies-walkies. Sur leur tête, des casquettes avec l’inscription « Waëd (promesse) », un projet de l’organisme de reconstruction du Hezbollah Jihad el-Bina pour la banlieue sud, où les raids israéliens ont détruit ou gravement endommagé près de 300 immeubles. « Waëd prévoit que soient reconstruits 196 immeubles détruits, alors que les propriétaires de 68 autres édifices ont décidé de les reconstruire eux-mêmes », a déclaré le directeur du projet, Hassan Jachi. « Nous avons choisi 42 des meilleures entreprises du Liban pour mener à bien ce projet. Les travaux ont déjà commencé dans 75 immeubles et ils devraient s’achever début 2009 », a-t-il précisé. Selon le porte-parole de Waëd, Maher Assi, « il n’y aura plus de périmètre de sécurité » autour du quartier général du Hezbollah dans la banlieue sud, où le parti de Dieu empêchait l’accès aux forces de sécurité. « Nous sommes en ce moment partout au Liban », a-t-il ajouté. La banlieue sud, qui offrait un spectacle chaotique avec des immeubles défraîchis et des rues étroites, sera totalement réaménagée, a affirmé Hassan Jachi. « Nous planifions des rues plus larges, bordées d’arbres. Nous avons même acheté des terrains pour construire des jardins publics et des parkings souterrains », a-t-il encore dit, précisant que les « nouveaux immeubles seront construits aux normes antisismiques et insonorisés ». Quant à Sanaa el-Jack, porte-parole du gouvernement pour les projets de reconstruction, « le coût du projet Waëd s’élève à 226,6 millions de dollars, dont nous avons déjà payé 94,2 millions ». Le Hezbollah reste évasif sur l’origine du financement de ses activités, mais l’Iran est généralement considéré comme le principal bailleur de fonds du parti chiite, qui a offert 10 000 dollars à chaque famille ayant perdu sa propriété durant la guerre, alors que le gouvernement a octroyé plus de 53 000 dollars à chaque personne dont la propriété a été complètement détruite. Les indemnisations pour les habitations endommagées sont étudiées au cas par cas. « Le processus a été lent parce que beaucoup de gens n’avaient pas les documents de leurs propriétés, souvent bâties illégalement, alors que d’autres avaient perdu les documents durant la guerre », a expliqué Sanaa el-Jack. Sauf que pour Hassan Jachi, « la majorité au pouvoir crée des obstacles parce qu’elle croit qu’en ralentissant la reconstruction, la population se retournera contre le Hezbollah, mais c’est le contraire qui se passe ». Selon lui, la plus grosse part de l’assistance gouvernementale pour la reconstruction de cette banlieue sud provient d’aides de l’Arabie saoudite et du Koweït, qui financent des projets similaires au Liban-Sud. « Il y a aussi des petits donateurs du secteur privé, mais ils n’aiment pas être identifiés parce que (le président américain George W.) Bush a inscrit le Hezbollah sur la liste des organisations terroristes », s’est-il amusé. « C’est le premier projet sur lequel je travaille dans la banlieue sud. Je n’ai aucun problème et nous œuvrons tous ensemble en harmonie, chrétiens et musulmans », a noté Marwan Gharios, ingénieur, et qui habite Jbeil. « Il s’agit pour moi d’une bonne opportunité de travail qui me permet de gagner bien ma vie tout en étant au Liban, et ce, malgré la crise économique », a-t-il ajouté, interrogé près du chantier d’un immeuble sur les ruines du secrétariat général du Hezbollah, dans le quartier de Haret Hreik.
Sous la vigilance du Hezbollah, des travailleurs déposent des blocs de ciment pour bâtir un nouveau complexe de logements à la place du bastion du parti chiite dans la banlieue sud de Beyrouth, rasé par les frappes israéliennes durant la guerre de 2006, raconte Nayla Razzouk de l’AFP.
Visiteurs et entrepreneurs sont escortés sur le site par les agents d’encadrement du parti, en uniforme, qui communiquent au moyen de talkies-walkies. Sur leur tête, des casquettes avec l’inscription « Waëd (promesse) », un projet de l’organisme de reconstruction du Hezbollah Jihad el-Bina pour la banlieue sud, où les raids israéliens ont détruit ou gravement endommagé près de 300 immeubles. « Waëd prévoit que soient reconstruits 196 immeubles détruits, alors que les propriétaires de 68 autres édifices ont décidé de les...