Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad entame aujourd’hui une visite de deux jours en Azerbaïdjan où il va chercher à contrer l’influence américaine dans ce pays voisin à majorité chiite, riche en hydrocarbures. Ce voyage représentera la première visite officielle du président iranien dans ce pays voisin de l’Iran, malgré plusieurs escales à l’aéroport de Bakou, a rappelé le porte-parole de l’ambassade iranienne, Mahjid Feizullan.
L’Azerbaïdjan entretient des relations diplomatiques et commerciales étroites avec l’Iran, avec lequel il partage des liens historiques et religieux. Mais l’Azerbaïdjan est aussi devenu un allié-clé des États-Unis dans le Caucase. Selon les analystes, M. Ahmadinejad devrait profiter de sa visite pour manifester son inquiétude face aux options pro-occidentales prises par la direction azerbaïdjanaise. « Le président iranien sera en tout premier lieu intéressé par la question d’une éventuelle utilisation par les Américains du territoire azerbaïdjanais dirigée contre l’Iran », a déclaré Vafa Guluzade, ex-conseiller en politique étrangère de l’ancien président azerbaïdjanais Heydar Aliev.
Des étudiants emprisonnés ont été torturés
Trois étudiants iraniens, détenus pour avoir publié des articles jugés anti-islamiques par les autorités, ont été torturés pour faire des aveux, a déclaré hier la mère de l’un d’eux. « Nos enfants ont été forcés à faire des aveux sous la torture en prison », a dit Azam Tadjik, la mère d’Ehsan Mansouri, un étudiant détenu depuis le mois de mai, lors d’une conférence de presse organisée par l’avocate et prix Nobel de la paix Shirin Ebadi. « Quand ils ont quitté leur (cellule de) détention en isolement, ils ont rejeté leurs déclarations d’alors », a-t-elle ajouté. « Ils ont battu mon fils quand ils l’ont pris à la maison pour l’emmener en prison, son nez saignait tout le temps, ils nous ont traités de menteurs et nous ont ordonné d’arrêter de donner des interviews », a-t-elle encore dit. Le pouvoir judiciaire a vigoureusement démenti que quiconque ait été torturé dans les prisons iraniennes, tout en assurant qu’un rapport était en préparation concernant les déclarations des familles des trois étudiants. Mme Ebadi, qui défend traditionnellement les étudiants et féministes emprisonnés, a affirmé qu’ils étaient détenus à cause du manque de liberté d’expression en Iran. « Ont-ils pris les armes contre le peuple ? Nous avons toujours été confrontés au même problème, ils sont allés en prison parce qu’ils ne sont pas libres de s’exprimer », a dit la lauréate du prix Nobel de la paix en 2003.
Islamabad remet à Téhéran 21 voyageurs enlevés en Iran,
libérés au Pakistan
Islamabad a commencé à remettre à des responsables de Téhéran les 21 voyageurs enlevés dimanche en Iran par des rebelles et libérés hier par les forces de sécurité pakistanaises dans l’est du Pakistan, a indiqué l’armée. « Les 21 personnes enlevées sont en train d’être remises à des responsables iraniens à mesure qu’ils remplissent certaines formalités sur une base aérienne près de Quetta », la capitale de la province du Baloutchistan, dans le sud-ouest du Pakistan, frontalière de l’Iran, a assuré à la presse à Quetta le général Salim Nawaz, commandant des troupes paramilitaires des gardes-frontières. Le général Nawaz a précisé que le chef du « gang » des ravisseurs, un certain Sher Khan, a été tué dans le raid qui a permis, à l’aube, la libération des otages à Mand, un village de montagne situé à 25 km à l’est de la frontière iranienne. Les 21 personnes avaient été enlevées, selon la police iranienne, par des membres d’un groupe de rebelles sunnites, Joundallah (soldats d’Allah), sur une route isolée de la province du Sistan-Baloutchistan, à 50 km de la frontière pakistanaise. La province, qui compte une forte communauté sunnite, est réputée peu sûre à cause de la présence de bandits de grand chemin et de trafiquants de drogue avec le Pakistan et l’Afghanistan.
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L’Azerbaïdjan entretient des relations diplomatiques et commerciales étroites avec l’Iran, avec lequel il partage des liens historiques et religieux. Mais l’Azerbaïdjan est aussi devenu un allié-clé des États-Unis dans le Caucase. Selon les analystes, M. Ahmadinejad devrait profiter de sa visite pour manifester son inquiétude face aux options pro-occidentales prises par...