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Husseini donne le coup d’envoi d’un Centre pour l’édification d’un État civil

Placer les jalons d’une formule exécutoire visant à mettre en place un État civil au Liban et stimuler l’émergence d’un courant de pensée, voire d’un groupement politique, permettant d’accélérer la concrétisation de cet État civil : tel est l’objectif que s’est fixé une nouvelle association, le Centre civil pour l’initiative nationale, dont le coup d’envoi a été donné hier matin au cours d’une conférence de presse tenue à l’hôtel Bristol en présence de nombreuses personnalités et des membres du comité fondateur du centre. L’annonce de la formation de ce centre a été faite par l’ancien chef du Législatif et député de Baalbeck-Hermel, Hussein Husseini, qui a qualifié de « mission nationale historique » la tâche que s’est fixée la nouvelle association. Le document fondateur du centre met l’accent sur « la garantie » que constituent la coexistence ainsi que l’édification de l’État civil, soulignant que les Libanais refusent désormais « leurs guerres et la guerre des autres ». Soulignant la nécessité de « l’ouverture libre des Libanais sur le monde », le document prône l’édification d’un État civil « qui n’imposerait aucune religion par la force ». La conférence de presse a eu lieu en présence du président Husseini, des députés Ghassan Tuéni, Ghassan Moukheiber, Farid el-Khazen et Pierre Daccache, des anciens ministres Samir Makdessi et Georges Corm, des présidents des ordres des rédacteurs et de la presse, Melhem Karam et Mohammad Baalbacki, des anciens bâtonniers de l’ordre des avocats, Chakib Cortbaoui, Raymond Eid et Marcel Sioufi, et des membres du comité fondateur du centre. Au début de la conférence de presse, le président Husseini a donné lecture du procès-verbal de la réunion du comité préparatoire du nouveau centre. L’ancien chef du Législatif a annoncé que M. Toufic Kaspar a été nommé président du bureau de l’association et Talal Husseini président du comité administratif du centre. M. Kaspar a ensuite donné lecture du document fondateur du centre qui souligne notamment les points suivants : « - Les Libanais sont égaux et libres. La coexistence est ce qui les unit. Les limites des rapports avec les groupements religieux et des relations avec les pays frères et amis sont celles de la souveraineté nationale. - Le Liban est un État civil qui n’impose aucune religion par la force. Les Libanais, quelles que soient leurs croyances et leurs convictions culturelles et religieuses, désirent vivre une vie libre et digne. Ils désirent préserver le droit des groupements à l’existence et consolider l’indépendance. - La garantie de la coexistence réside dans l’acceptation et le respect des lois et dans l’effort continu pour que ces lois soient propices au dialogue et à la participation. - La protection du Liban est une responsabilité libanaise et elle est tributaire de la solidarité des Libanais et de leur bonne perception de leur environnement. Cette protection est fonction aussi des relations qu’ils peuvent tisser avec autrui, sur base de l’intérêt national et des devoirs arabes et internationaux. - Les Libanais ont fait le choix de l’ouverture libre sur le monde. - Les Libanais ont fait le choix d’entamer l’édification de leur État en rectifiant leurs erreurs et en défendant leur existence. » La seule voie possible Le document souligne, par ailleurs, que « les Libanais refusent un retour à leurs guerres ou à la guerre des autres ». « Il ne fait aucun doute que la seule voie qui s’offre à eux est l’édification de leur État, c’est-à-dire qu’ils se gouvernement eux-mêmes dans le cadre d’un État qui devrait être indépendant ou ne pas être du tout, poursuit le document. Si les Libanais veulent se gouverner eux-mêmes, cela ne peut se faire que sur base de la loi. Le seul autre choix est le règne des armes, le chaos, et par conséquent les tutelles confessionnelles et étrangères. Si les Libanais veulent se gouverner eux-mêmes, la loi à laquelle ils doivent avoir recours est le droit positif humanitaire ». Et d’ajouter : « Si les Libanais désirent édifier l’État de droit positif humanitaire, cet État devrait alors être un État civil. La seule autre alternative est l’État confessionnel qui porte préjudice à l’existence et aux droits du peuple et des individus. S’ils désirent un État civil, le régime devrait être parlementaire, car la seule alternative est le régime présidentiel. Si les Libanais désirent un régime parlementaire, le gouvernement devrait alors gouverner sur base de la confiance d’un Parlement et d’un Sénat, tenant compte de la nécessité de séparer les postes législatifs des postes exécutifs. » Le document souligne en outre la nécessité de « dépasser les illusions nées des ambitions impossibles », affirmant que « la seule garantie réside dans l’édification d’un État unique ». « La crise actuelle n’est pas une crise de pouvoir ou une crise gouvernementale, mais une crise de système », ajoute le document qui précise à ce sujet que « les Libanais n’ont pas l’outil juridique efficace pour se gouverner eux-mêmes, de même qu’ils ne bénéficient pas de l’entente interne nécessaire pour assurer l’outil en question ». En conclusion, le centre met l’accent sur l’importance de créer « un courant de pensée pour conceptualiser ce projet » d’édification de l’État civil.

Placer les jalons d’une formule exécutoire visant à mettre en place un État civil au Liban et stimuler l’émergence d’un courant de pensée, voire d’un groupement politique, permettant d’accélérer la concrétisation de cet État civil : tel est l’objectif que s’est fixé une nouvelle association, le Centre civil pour l’initiative nationale, dont le coup d’envoi a été donné hier matin au cours d’une conférence de presse tenue à l’hôtel Bristol en présence de nombreuses personnalités et des membres du comité fondateur du centre. L’annonce de la formation de ce centre a été faite par l’ancien chef du Législatif et député de Baalbeck-Hermel, Hussein Husseini, qui a qualifié de « mission nationale historique » la tâche que s’est fixée la nouvelle association.
Le document fondateur du...