La Bourse de Beyrouth a terminé en nette baisse une semaine chargée d’événements politiques inquiétants qui ont relégué au second plan les bonnes nouvelles en provenance du front de Nahr el-Bared et de certaines grandes sociétés qui y sont cotées. Dans les salles de marché, on s’interroge sur l’avenir de la situation dans le pays sous plus d’un rapport après l’échec de l’initiative arabe sur laquelle on misait pour le faire sortir de la grave impasse dans laquelle il se trouve. Et d’ajouter que tout effondrement de la formule sur laquelle les Libanais se sont entendus depuis 1990 pour gouverner le pays pourrait coûter cher à son économie sans pour autant pouvoir quantifier les dégâts qu’elle devrait subir.
Dans cette crainte, les opérateurs ont donc continué d’observer attentivement l’évolution de la situation politique intérieure qui ne cesse d’inquiéter, fait-on remarquer dans les milieux boursiers. Et c’est pourquoi les opérateurs préfèrent vendre leurs actions dès maintenant, ont-ils poursuivi. De ce fait, il n’était guère surprenant que les « faiseurs de marché » passaient outre à l’annonce par le ministre de la Défense de la fin des hostilités dans le camp de Nahr el-Bared en continuant de se débarrasser de plusieurs actions, même celles dont les perspectives restent très attrayantes.
Cela étant, la communauté boursière a ignoré la décision de la société Holcim d’échanger dès aujourd’hui ses actions à raison de 12 anciennes contre une nouvelle datée du 14/05/2007 et d’octroyer la somme de 2 000 LL pour chaque nouvelle action consécutivement à la réduction de son capital social. Il en est de même de la décision de l’assemblée générale ordinaire de Solidere de distribuer un dividende de 1 $ par action à titre de l’exercice 2006 à partir du 14 septembre, un geste qui est passé inaperçu la semaine dernière sur le marché.
Les considérations politiques ont donc pris le dessus sur tout autre événement la semaine dernière, faisant retomber les actions de la catégorie A de Solidere de 16,55 $ à 15,82 $ (-4,41 %) et celles de la catégorie B de 16,73 $ à 15,96 $ (-4,60 %). Ce mouvement s’est produit encore une fois dans des échanges relativement minces, ne dépassant pas au total la négociation de 150 818 actions des deux catégories d’une valeur de 2 473 745 $, représentant 40,09 % de l’ensemble de la cote la semaine dernière, contre 137 102 actions des deux catégories d’une valeur de 2 277 503 $, représentant 40,91 % du marché pendant la semaine qui l’a précédée.
Même chose dans le compartiment des valeurs bancaires, qui a représenté 46,21 % du marché la semaine dernière avec la négociation de 471 101 titres d’une valeur de 2 851 643, $ contre 809 077 titres négociés d’une valeur de 2 455 280 $ et représentant 44,10 % de la cote pendant la semaine qui l’a précédée. Les baisses dans ce secteur ont donc prédominé avec, d’un côté, le recul des certificats GDR de la Bank Audi de 60,05 $ à 59,25 $ (-1,33 %), de ceux de la BLOM Bank de 69,75 $ à 67 $ (-3,94 %) et de ses actions préférentielles 2004 de 101 $ à 100,60 $ (-0,39 %) avec celles de la Byblos Bank aussi bien ordinaires de 1,78 $ à 1,75 $ (-1,69 %) que prioritaires de 1,85 $ à 1,80 $ (-2,70 %). Et de l’autre, le maintien des actions préférentielles 2005 de la BLOM Bank à 100 $ et C de la Bank of Beirut à 25 $ ainsi que les actions ordinaires de la BLC Bank à 10 $.
Aux industrielles, les opérateurs ont ignoré aussi le paiement par Holcim de 2 000 LL sur chacune de ses nouvelles actions dès aujourd’hui ainsi qu’une éventuelle distribution d’un dividende au titre de l’exercice 2006 et ont continué à se débarrasser de cette valeur, la faisant retomber de 1,96 $ à 1,88 $ d’une semaine à l’autre
(-4,08 %).
Sur le Junior Market, on a relevé la légère hausse des parts du Beirut Golden Income de 104 800 LL à 105 000 LL (+0,19 %) et la stabilité de celles qui sont émises par Beirut Interbank Fund à 101 $, Beirut Global Income à 99 $ et Beirut Preferred Fund à 100 $.
L’indice BLOM des valeurs libanaises a dû, en effet, reperdre davantage du terrain en terminant la semaine sous revue à 1 200,96 points, en nouvelle baisse de 27,30 points ou 2,22 % sur celle qui l’a précédée. Ce mouvement s’est pourtant déroulé dans des volumes très légers, portant sur 651 849 titres négociés d’une valeur de 6 170 969 $ contre 966 880 titres d’une valeur de 5 567 125 $ pendant la même période.
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Dans cette crainte, les opérateurs ont donc continué d’observer attentivement l’évolution...