Tzipi Livni (photo) est la première femme à occuper la fonction de ministre des Affaires étrangères en Israël depuis la défunte Golda Meir. De nombreux Israéliens espèrent qu’elle va suivre les traces de son aîné en devenant, dix ans après Meir, Premier ministre. Et ils pourraient voir leur vœu se réaliser, l’ancienne espion du Mossad, âgée de 48 ans, ayant annoncé lors d’une conférence de presse qu’elle avait demandé au Premier ministre, Ehud Olmert, de démissionner et qu’elle briguait la direction du parti centriste Kadima, au pouvoir. « Il est désormais temps de restaurer la confiance de l’opinion publique dans le gouvernement », a déclaré Livni, l’air impassible, deux jours après la publication du rapport cinglant de la commission Winograd sur la conduite de la guerre au Liban par Olmert. Livni, dont le père a dirigé une organisation militaire clandestine avant la création de l’État d’Israël, séduit les Israéliens autant pour ce qu’elle est que pour ce qu’elle n’est pas, par rapport à Olmert notamment. Elle se montre réservée, parfois même austère, en public, et elle s’est toujours gardée d’employer la rhétorique belliqueuse coutumière des dirigeants israéliens. À la différence d’Olmert et d’autres ministres de son gouvernement, son image n’a pas été ternie par les scandales et elle a été épargnée par les critiques qui ont suivi la guerre du Liban de l’été dernier. « Il y a une crise concernant les dirigeants en Israël et Livni est vue comme l’une des réponses possibles », estime l’analyste politique Amotz Asa-El. « La modestie dont elle fait preuve est un atout, compte tenu de l’exaspération croissante vis-à-vis de la classe politique qui est souvent très macho dans sa façon de parler et souvent criminelle dans ses actions », a-t-il ajouté. Livni a longtemps fait preuve d’une fidélité à toute épreuve à l’égard d’Olmert, avec qui elle a quitté le Likoud (droite) pour rejoindre la formation centriste Kadima, créée par le Premier ministre de l’époque, Ariel Sharon, pour tenter d’imposer sa stratégie de retrait de Gaza. Mais le rapport de la commission Winograd a provoqué une lutte de pouvoir au sein de Kadima. Selon les sondages, Livni pourrait aisément prendre la place d’Olmert à la tête de la formation centriste. Sa cote de popularité est proche de celle du chef de file de l’opposition de droite, Benjamin Netanyahu, qui profite de l’inquiétude des Israéliens concernant l’Iran et le Hamas. Comme Olmert et Netanyahu, Livni a été élevée dans une famille de sionistes purs et durs. Son père, Eitan, a dirigé un mouvement armé clandestin qui a lutté dans les années 1940 pour la création d’un État israélien indépendant recouvrant toute la Palestine et était opposé à un partage du territoire avec les Palestiniens.
Livni a toutefois renoncé à cette vision des choses en rejoignant le gouvernement de Sharon en tant que ministre de la Justice. « Je suis arrivée à la difficile conclusion que si je devais choisir entre un Grand Israël et un Israël qui continue d’être juif et démocratique, je devrais choisir cette dernière option », a-t-elle expliqué. Mariée et mère de deux enfants, elle est venue à la politique il y a dix ans après avoir un temps travaillé pour les services secrets israéliens, en tant que conseillère juridique, disent certains, en traquant des activistes palestiniens à l’étranger, affirment d’autres. Elle a ensuite suivi une carrière de juriste spécialisée en droit des sociétés. Certains de ses détracteurs affirment qu’elle aura fort à faire pour masquer son manque d’expérience et de connaissances dans certains domaines de la gestion de l’État. « Livni s’est montrée à la hauteur dans certaines situations décisives, explique Asa-El. Mais ce n’est pas la même chose qu’être à la hauteur en tant que dirigeant. »
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Tzipi Livni (photo) est la première femme à occuper la fonction de ministre des Affaires étrangères en Israël depuis la défunte Golda Meir. De nombreux Israéliens espèrent qu’elle va suivre les traces de son aîné en devenant, dix ans après Meir, Premier ministre. Et ils pourraient voir leur vœu se réaliser, l’ancienne espion du Mossad, âgée de 48 ans, ayant annoncé lors d’une conférence de presse qu’elle avait demandé au Premier ministre, Ehud Olmert, de démissionner et qu’elle briguait la direction du parti centriste Kadima, au pouvoir. « Il est désormais temps de restaurer la confiance de l’opinion publique dans le gouvernement », a déclaré Livni, l’air impassible, deux jours après la publication du rapport cinglant de la commission Winograd sur la conduite de la guerre au Liban par Olmert. Livni,...