Rechercher
Rechercher

Actualités - Opinion

Trente-deux ans après...

Le 13 avril 1975, j’avais dix-sept ans. On avait sauté de joie quand on avait appris la nouvelle: «Un bus à Aïn el-Remmaneh transportant des Palestiniens et patati et patata…» On était si contents de ne pas avoir à aller à l’école le lendemain matin! Douce adolescence. Douces innocence et insouciance… Et puis, il y a eu la guerre. Quinze ans de guerre atroce et interminable. Un pays déchiqueté. Des frères qui se haïssent et qui s’entre-tuent en fonction de leur carte d’identité qui les trahit. Car, chez nous, la religion est traîtresse. Carte d’identité. Et quelle identité avons-nous maintenant? Qui sommes-nous? Un peuple errant, physiquement et dans l’âme. Qu’avons-nous accompli depuis? Rien. Quelles leçons du passé avons-nous tiré? Aucune. Trente-deux ans ont passé et ce sont toujours les mêmes rhétoriques stériles, les mêmes haines. Chacun veut «son» Liban et trouve sa force (et son arrogance dans l’argumentation!) dans les diverses puissances régionales et internationales qui nous manipulent. Et le pire, c’est qu’on le sait! Oui, on est un peuple intelligent et lettré. Pas n’importe qui, s’il vous plaît. Mais il y a le gâteau. Vous avez oublié le gâteau. Ce délicieux gâteau qu’est notre cher Liban et qui fait baver tout le monde... Chacun veut sa part, la plus grande si possible. Merci. Et pourquoi pas le gâteau tout entier? Libanais du monde entier, applaudissons-nous! On n’aura récolté, tout au long de ces années, que ce qu’on a semé. Et quand le Liban disparaîtra ou sera morcelé, ce sera trop tard pour le regretter. Nos martyrs sont morts pour rien et ceux qui sont restés sont mort-nés. Standing ovation, s’il vous plaît! Michèle AOUN Koweït
Le 13 avril 1975, j’avais dix-sept ans. On avait sauté de joie quand on avait appris la nouvelle: «Un bus à Aïn el-Remmaneh transportant des Palestiniens et patati et patata…» On était si contents de ne pas avoir à aller à l’école le lendemain matin! Douce adolescence. Douces innocence et insouciance…
Et puis, il y a eu la guerre. Quinze ans de guerre atroce et interminable. Un pays déchiqueté. Des frères qui se haïssent et qui s’entre-tuent en fonction de leur carte d’identité qui les trahit. Car, chez nous, la religion est traîtresse.
Carte d’identité. Et quelle identité avons-nous maintenant? Qui sommes-nous? Un peuple errant, physiquement et dans l’âme. Qu’avons-nous accompli depuis? Rien. Quelles leçons du passé avons-nous tiré? Aucune. Trente-deux ans ont passé et ce sont toujours les...