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Société Femme à quarante ans Par Marie-Hélène MOAWAD*

Selon les chiffres des Nations unies sur le développement humain soutenable au Liban, la participation de la femme libanaise à l’économie du pays se chiffre à 27,8 % et sa participation au revenu national ne dépasse pas les 21,8 %. Plus largement, le taux d’activité économique des femmes arabes est le plus faible au monde. Il est de 33 %, alors que la moyenne mondiale se situe à 56 % pour les femmes. Pourtant, en dépit des inégalités entre femmes et hommes, les principales lois dans le code de travail libanais sont assez équitables envers les femmes. Nous notons, à titre d’exemple, que la parité au niveau des salaires dans le secteur public est imposée par la loi libanaise. Il est certes évident que des inégalités entre les sexes persistent et sont criantes, que ce soit au niveau de l’accès à l’éducation ou au niveau des mentalités, d’idées reçues et des conditions sociales des femmes. Toutefois, il est important de souligner l’effort positif qui a été initié par la majorité des pays arabes. Par exemple, après 40 ans de lutte, les femmes koweïtiennes ont obtenu les droits politiques complets en 2005. En dépit de ces progrès, beaucoup reste à faire afin de faire évoluer la condition de la femme arabe. En 2005, le rapport sur le développement humain dans le monde arabe note que « malgré les immenses progrès accomplis par les pays arabes au cours des cinq dernières décennies en matière d’accès des filles à l’éducation, les femmes arabes demeurent mal préparées à une participation active et constructive à la vie publique, car elles n’ont pas acquis les connaissances nécessaires au travers de l’enseignement ». En effet, le monde arabe demeure en bas de l’échelle sur le plan international quant à l’accès des femmes à l’éducation, le clivage se faisant sentir en particulier au niveau de l’éducation supérieure. Ce déficit d’éducation, note le rapport, nuit à la société dans son ensemble. Pourtant, lorsque les femmes arabes ont la possibilité d’apprendre, elles surpassent les hommes. En effet, le rapport note que le pourcentage de redoublement et le taux d’abandon sont plus faibles chez les femmes, comparé aux hommes, dans la majorité des pays arabes. Malheureusement, la carence ne se retrouve pas uniquement au niveau d’accès à l’éducation, mais aussi au niveau du matériel pédagogique. Le rapport sur « La promotion des femmes dans le monde arabe » en 2005 souligne que la plupart des livres scolaires arabes cantonnent la femme à des rôles traditionnels de mère, de ménagère ou de femme au foyer. Cette réalité ressort statistiquement au Liban. Nous relevons que le taux le plus élevé de participation de la femme dans la vie professionnelle se retrouve chez les femmes célibataires, et le plus faible chez les mères de famille avec des enfants en bas âge. Toutefois, une grande majorité de femmes recherche une reprise de travail lorsque les enfants atteignent l’âge scolaire ou terminent leurs études. Si plusieurs associations travaillent sur l’amélioration de la condition de la femme, son accès à l’éducation et sa participation dans la vie politique, il y a peu d’efforts déployés sur la réinsertion des femmes dans le milieu actif après des années passées à la maison. Les femmes qui veulent reprendre un travail éprouvent généralement de grandes difficultés car leurs connaissances ont vieilli et leur confiance en elles-mêmes est diminuée. Des mesures gouvernementales doivent être prises dans ce sens car atteindre une participation équilibrée est une question de démocratie. Par exemple, en Norvège, une loi est rentrée en vigueur depuis 2006, imposant au moins 40 % de femmes dans les conseils d’administration des sociétés anonymes cotées en Bourse. * Spécialiste en marketing, chercheuse au Centre de recherche et d’études doctorales (CRED) de l’ESA. En coopération avec l’ ESA
Selon les chiffres des Nations unies sur le développement humain soutenable au Liban, la participation de la femme libanaise à l’économie du pays se chiffre à 27,8 % et sa participation au revenu national ne dépasse pas les 21,8 %. Plus largement, le taux d’activité économique des femmes arabes est le plus faible au monde. Il est de 33 %, alors que la moyenne mondiale se situe à 56 % pour les femmes. Pourtant, en dépit des inégalités entre femmes et hommes, les principales lois dans le code de travail libanais sont assez équitables envers les femmes. Nous notons, à titre d’exemple, que la parité au niveau des salaires dans le secteur public est imposée par la loi libanaise. Il est certes évident que des inégalités entre les sexes persistent et sont criantes, que ce soit au niveau de l’accès à l’éducation ou...