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La hausse des taux n’enraye pas la baisse du yen

Le relèvement des taux d’intérêt japonais à 0,50 % n’a pas empêché le yen de faiblir hier, alors que les Européens s’inquiètent de l’impact de la sous-évaluation présumée de la devise nipponne sur leur reprise économique. Le matin, l’euro valait 158,62 yens contre 157,63 yens mardi soir. Il évoluait à courte distance de son record historique de 158,99 yens atteint le 12 février. Le billet vert progressait aussi face à la monnaie japonaise, à 120,66 yens contre 119,98 yens mardi soir. La Banque du Japon a eu beau relever mercredi son taux d’intérêt directeur de 25 points de base à 0,50 %, le yen n’en a pas moins reculé. Les analystes voyaient plusieurs raisons à cela. D’abord, le fait que le communiqué accompagnant cette décision évoque une inflation qui devrait rester « proche de zéro » à terme, ce qui ne plaide pas pour une poursuite du resserrement monétaire. Pour d’autres, la décision de la Banque centrale a été plus politique qu’économique, destinée à faire oublier le fiasco de la réunion de janvier. La BoJ avait alors opté pour un maintien des taux, sous la pression du gouvernement selon la presse. Certains soulignaient enfin qu’à 0,50 %, avec peu de perspectives de voir la normalisation monétaire accélérer à court terme, le yen pâtit toujours d’un différentiel de rendement désavantageux face au dollar (les taux américains sont à 5,25 %) et à l’euro (taux européens à 3,50 %). « Le yen va rester une devise de financement du “carry trade” malgré la hausse des taux, et ce jusqu’à ce que la croissance économique confirme sa performance du quatrième trimestre (+4,8 %, NDLR) », a résumé Greg Gibbs, d’ABN Amro. Le yen est un véhicule privilégié pour le « carry trade », technique consistant à emprunter de l’argent à bas prix pour l’investir dans des économies où les rendements sont meilleurs. Selon les économistes, la hausse des taux de la BoJ ne suffira pas à dissuader les investisseurs japonais d’aller chercher ailleurs qu’au Japon des rendements avantageux. Chez Barclays Capital, on table ainsi sur un dollar à 125 yens d’ici à fin mars, ce qui le situerait au plus bas depuis décembre 2002. À la Commerzbank, on estime que l’euro est mieux placé pour tirer parti du « carry trade » contre le yen, et on parie sur un euro à 162 yens dans les semaines à venir. Cette faiblesse persistante de la devise nipponne et la perspective de nouveaux records historiques de l’euro font l’objet de commentaires inquiets, sinon critiques, dans les milieux politique et industriel européens. Les industriels craignent que la sous-évaluation présumée du yen ne procure aux exportations japonaises un avantage concurrentiel, au détriment de la production européenne. Lundi, le ministre allemand de l’Économie, Michael Glos, a estimé que le yen faible « pénalise les constructeurs automobiles allemands ». En fin de semaine dernière, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia, avait jugé le yen sous-évalué en s’inquiétant de la « compétitivité » des exportations européennes. Selon les calculs de la Société générale, le taux de change réel de l’euro contre le yen (prenant en compte le différentiel d’inflation avec le Japon) se serait apprécié de 63 % entre 2001 et le début de l’année 2007. Le 10 février, les ministres des Finances du G7 s’étaient pourtant abstenus de dénoncer explicitement la sous-évaluation du yen, faute de pouvoir rallier les États-Unis à leur cause. Ces derniers sont plutôt engagés dans un bras de fer avec la Chine, dont ils jugent la monnaie sous-évaluée.

Le relèvement des taux d’intérêt japonais à 0,50 % n’a pas empêché le yen de faiblir hier, alors que les Européens s’inquiètent de l’impact de la sous-évaluation présumée de la devise nipponne sur leur reprise économique.
Le matin, l’euro valait 158,62 yens contre 157,63 yens mardi soir. Il évoluait à courte distance de son record historique de 158,99 yens atteint le 12 février.
Le billet vert progressait aussi face à la monnaie japonaise, à 120,66 yens contre 119,98 yens mardi soir.
La Banque du Japon a eu beau relever mercredi son taux d’intérêt directeur de 25 points de base à 0,50 %, le yen n’en a pas moins reculé. Les analystes voyaient plusieurs raisons à cela.
D’abord, le fait que le communiqué accompagnant cette décision évoque une inflation qui devrait rester « proche de zéro »...