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Actualités - Chronologie

« Tonton, j’ai mal aux jambes »

Joseph attend dans le hall de l’hôpital Serhal. Son pull est taché de sang et de suie, il est troué par endroits comme s’il avait été pris par de la ferraille. Joseph travaille non loin des lieux de l’explosion, et c’est lui qui a retrouvé sa nièce, Hala Mazloum, originaire de Kaakour, et habitant Beit Chabab, âgée de 19 ans, blessée, dans l’un des bus. Hier, vers 15 heures, Hala, atteinte grièvement aux jambes, était toujours au bloc opératoire. « Vers 9 heures, le frère de Hala était chez moi. Quand on a su qu’un bus a explosé, il a tout simplement dit : c’est celui que ma sœur prend tous les matins. Nous sommes accourus sur les lieux. Je suis monté dans le bus à sa recherche. Elle était sur la banquette arrière, les jambes coincées sous un tas de ferraille… Devant elle, il y avait une jeune femme sans vie. À la gauche de Hala, il y avait Michel Attar, le jeune homme décédé, il était affaissé sur elle », raconte Joseph, l’oncle maternel. « Tous les blessés et les morts ont été sortis du bus avant Hala. On l’a sortie en dernier. Je suis resté avec elle pour lui parler, afin qu’elle ne perde pas connaissance. Je regardais son visage ensanglanté. Elle m’a parlé aussi. En attendant les secours pour que l’on puisse la tirer de son siège, elle m’a répété à plusieurs reprises : tonton, j’ai mal aux jambes. » Hala Mazloum, Michel Attar, 18 ans, originaire de Bickfaya, et Alain Khoury, originaire de Mhaidssé, transféré de l’hôpital Serhal à l’hôpital Getaoui qui est pourvu d’un service de grands brûlés, étaient tous camarades de classe. Ils suivaient des cours de gestion à l’Université libanaise, à Achrafieh. Tous les matins, ils prenaient le même bus. Hala et Michel était de grands amis. Hier, les trois jeunes étudiants étaient assis côte à côte sur la banquette arrière. Michel n’a pas survécu, les deux autres sont grièvement blessés. La section II de la faculté de gestion d’entreprise de l’Université libanaise fermera ses portes durant trois jours, en signe de deuil.

Joseph attend dans le hall de l’hôpital Serhal. Son pull est taché de sang et de suie, il est troué par endroits comme s’il avait été pris par de la ferraille. Joseph travaille non loin des lieux de l’explosion, et c’est lui qui a retrouvé sa nièce, Hala Mazloum, originaire de Kaakour, et habitant Beit Chabab, âgée de 19 ans, blessée, dans l’un des bus. Hier, vers 15 heures, Hala, atteinte grièvement aux jambes, était toujours au bloc opératoire.
« Vers 9 heures, le frère de Hala était chez moi. Quand on a su qu’un bus a explosé, il a tout simplement dit : c’est celui que ma sœur prend tous les matins. Nous sommes accourus sur les lieux. Je suis monté dans le bus à sa recherche. Elle était sur la banquette arrière, les jambes coincées sous un tas de ferraille… Devant elle, il y avait une jeune...