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Actualités - Opinion

Aphorismes Faites vos jeux, Mesdames et Messieurs Percy KEMP

Il y a de cela quelques semaines, j’ai vu au journal télévisé de TV5 Monde un candidat à l’élection présidentielle française déclarer, à l’occasion d’un bain de foule dans un petit bourg un jour de marché, que c’est uniquement par le travail, l’effort et le mérite qu’on peut avancer dans la vie. Après quoi il est entré dans un café-tabac et il y a acheté… un billet de loterie ! C’était certes un tout petit billet qui ne coûtait pas plus d’une pièce de monnaie, mais ce n’en était pas moins un billet de jeu de hasard, acheté à la légère par un présidentiable qui venait à l’instant même de faire l’éloge du travail. C’est à se demander s’il se rendait compte de son incohérence. Comment un responsable politique peut-il exhorter ses concitoyens à s’en remettre au seul travail pour s’en sortir, puis, l’instant d’après, les encourager par l’exemple à placer leurs espoirs d’une vie meilleure dans le hasard du tirage et du grattage ? Cette contradiction flagrante suggère qu’alors même que les hommes politiques adjurent leurs électeurs de recourir en tout à la prise rationnelle de décision – ce que les Grecs appellent gnômè –, en réalité, ils les encouragent à s’en remettre à la Fortune – ce que les Grecs appellent tychè –. Or, dès qu’on tourne le dos à la raison pour se fier au seul hasard, on tombe dans la démesure. Certains m’objecteront que cet achat d’un billet de loterie, effectué par un candidat à la présidentielle dans le cadre d’une tournée électorale, était uniquement destiné à montrer à Monsieur Tout-le-monde que ledit candidat était proche de lui et partageait ses petits plaisirs et ses grands espoirs. Mais c’est justement là que la démesure prend tout son sens, politique. Il n’appartient en effet pas à un dirigeant de singer le comportement du petit peuple, mais de lui donner l’exemple. Or, pour se faire élire, les hommes politiques préfèrent caresser leurs électeurs dans le sens du poil, s’efforçant chemin faisant de les convaincre que ce qui leur fait plaisir les rend aussi meilleurs, ce qui est totalement faux. La Cité, qui aurait eu grand besoin pour se reprendre d’un homme d’État comme Périclès, finit donc par se donner à un démagogue tel que Cléon, qui ne fera que précipiter sa chute. Mesdames et Messieurs, rien ne va plus ! Les jeux sont faits ! Article paru le Jeudi 01 Février 2007
Il y a de cela quelques semaines, j’ai vu au journal télévisé de TV5 Monde un candidat à l’élection présidentielle française déclarer, à l’occasion d’un bain de foule dans un petit bourg un jour de marché, que c’est uniquement par le travail, l’effort et le mérite qu’on peut avancer dans la vie. Après quoi il est entré dans un café-tabac et il y a acheté… un billet de loterie ! C’était certes un tout petit billet qui ne coûtait pas plus d’une pièce de monnaie, mais ce n’en était pas moins un billet de jeu de hasard, acheté à la légère par un présidentiable qui venait à l’instant même de faire l’éloge du travail.
C’est à se demander s’il se rendait compte de son incohérence. Comment un responsable politique peut-il exhorter ses concitoyens à s’en remettre au seul travail pour...