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Actualités - Opinion

Le Ghosn qu’on mérite

À pays anormal, classe politique anormale. Ça, on le savait déjà. Désormais, on se fera plaisir en y ajoutant : patron syndical mutant. Présidant aux destinées d’une CGTL constellée d’une palanquée de fédérations biberonnées au Baas entier, Mister Ghosn (Ghassan pas Carlos, l’homonyme qui a mal tourné) patauge dans la semoule depuis que ses dernières manifs ont viré à la guignolade. Appendice discret du PSNS, une secte résiduelle facho nappée de sauce arabe, Gugusse, comme l’appellent ses amis, ne dédaigne pas de mélanger allègrement les torchons politiques et les serviettes syndicales. Installé par ses copains syriens aux temps bénis de la concomitance des dossiers, c’est-à-dire avant l’occupation libanaise du 14 mars 2005, ce sournois mielleux, le seul dit-on qui sourit à côté de ses dents, vient de mettre au point un concept économique révolutionnaire pour le Liban : travailler moins pour gagner plus. Sa recette à lui se résume en une phrase : « On ne touche à rien, et mon poing dans la gueule de celui qui veut privatiser ! » L’État téléphoniste, électricien et marchand d’essence ? Il est pour, à fond la caisse. Les ministères transformés en bureaux de placement ? Il applaudit à tout rompre de ses dix cartilages. La truellée d’instituteurs ignares à l’Éducation nationale ? Ses nasaux en frémissent de plaisir. L’Administration publique gangrenée par la mauvaise graisse des fonctionnaires planqués, bossant à peine 20 heures par semaine dans un pays endetté jusqu’au trognon ? Ça ne lui travaille pas trop le neurone unique à Gugusse, qui en plus nous promet sans rire des augmentations de salaires. Adam Smith et les pontes du libéralisme peuvent aller se rhabiller… Pour financer ses promesses avant qu’elles ne rétrécissent au lavage, ce « cost booster » entend élargir nos horizons. On enverra promener la communauté économique internationale, mais grâce à notre alliance avec Damas et Téhéran, la planète entière sera bientôt isolée. La solidarité des gueux : on tendra la main aux Iraniens, on achètera aux Syriens et l’on se partagera la pénurie. Quant aux mauvais coucheurs qui dépriment, ils n’auront qu’à attendre le porno du samedi soir sur al-Manar. Gaby NASR
À pays anormal, classe politique anormale. Ça, on le savait déjà. Désormais, on se fera plaisir en y ajoutant : patron syndical mutant.
Présidant aux destinées d’une CGTL constellée d’une palanquée de fédérations biberonnées au Baas entier, Mister Ghosn (Ghassan pas Carlos, l’homonyme qui a mal tourné) patauge dans la semoule depuis que ses dernières manifs ont viré à la guignolade. Appendice discret du PSNS, une secte résiduelle facho nappée de sauce arabe, Gugusse, comme l’appellent ses amis, ne dédaigne pas de mélanger allègrement les torchons politiques et les serviettes syndicales. Installé par ses copains syriens aux temps bénis de la concomitance des dossiers, c’est-à-dire avant l’occupation libanaise du 14 mars 2005, ce sournois mielleux, le seul dit-on qui sourit à côté de ses dents,...