Il ne faudrait surtout pas croire que parce que la guerre d’Irak est mal née et qu’elle a en plus mal tourné, les centaines de milliards de dollars qui y sont dépensés s’en vont en fumée. En réalité, ce que le contribuable américain débourse d’un côté, quelqu’un, aux États-Unis, l’empoche de l’autre. C’est en effet à un vaste mouvement de redistribution des richesses que l’on assiste aujourd’hui en Amérique, les impôts des classes moyennes et les subsides revenant aux plus démunis passant subrepticement, sous couvert du financement de la guerre, entre les mains d’un petit nombre de gens qui profitent royalement du conflit : qui en fourguant à l’administration les mercenaires, les armes et les munitions pour détruire l’Irak, qui en lui fournissant les matériaux, l’ingénierie et les idées pour le façonner à son image.
Qu’on ne s’y trompe pas, ce n’est pas uniquement du pillage de l’Irak qu’il s’agit là, mais aussi de celui des États-Unis. À croire que, tout comme la Voie lactée avait jadis servi à voiler l’enrichissement éhonté qui avait accompagné la Guerre des étoiles, le nuage soulevé aujourd’hui par la guerre en Mésopotamie ne serait qu’un gigantesque écran de fumée servant à masquer la plus belle escroquerie que l’on ait connue depuis la mainmise des oligarques russes sur les immenses ressources minières et énergétiques de l’ancienne Union soviétique. Au nom de la démocratie et de la civilisation, les profiteurs de guerre américains siphonnent allègrement l’argent de leurs concitoyens et s’en mettent plein les poches.
De ces hommes sans foi ni loi, on dira ce que disait, au sujet des va-t-en-guerre romains, Calgacus, un noble calédonien du premier siècle de notre ère : « Brigands à l’échelle planétaire, ils ont épuisé la terre entière par leurs pillages indiscriminés et c’est le fond des océans qu’ils raclent à présent. Pas plus l’Orient que l’Occident n’ont suffi à remplir leur panse. Si la richesse d’un ennemi attise leur cupidité, sa misère, elle, ne fait qu’exacerber leur soif de pouvoir et ils s’attaquent aussi férocement aux pauvres qu’aux riches. Menteurs invétérés, ils donnent à leurs vols qualifiés, à leurs boucheries, à leurs rapines de faux noms qui sonnent bien et ils appellent cela Empire. Partout où ils vont, ils créent le désert autour d’eux et ils appellent cela la Paix. »
Paix, dites-vous ? Oui, si tant est que l’on accepte d’acheter la paix au prix de sa liberté. Empire, dites-vous ? Dites plutôt emporium : vaste entrepôt, où tout ce qui est sacré est à vendre et où la valeur d’un homme se confond avec son pouvoir d’achat.
Percy KEMP
Il ne faudrait surtout pas croire que parce que la guerre d’Irak est mal née et qu’elle a en plus mal tourné, les centaines de milliards de dollars qui y sont dépensés s’en vont en fumée. En réalité, ce que le contribuable américain débourse d’un côté, quelqu’un, aux États-Unis, l’empoche de l’autre. C’est en effet à un vaste mouvement de redistribution des richesses que l’on assiste aujourd’hui en Amérique, les impôts des classes moyennes et les subsides revenant aux plus démunis passant subrepticement, sous couvert du financement de la guerre, entre les mains d’un petit nombre de gens qui profitent royalement du conflit : qui en fourguant à l’administration les mercenaires, les armes et les munitions pour détruire l’Irak, qui en lui fournissant les matériaux, l’ingénierie et les idées...
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