Rechercher
Rechercher

Actualités

L’économie allemande fait son grand retour en Europe

Exportations florissantes malgré l’euro fort, moral d’acier des industriels, progrès dans la discipline budgétaire et même embellie du marché du travail : l’Allemagne est redevenue la locomotive économique de la zone euro, mais au prix de nombreux efforts. « L’économie allemande traverse un boom extraordinairement fort, qu’on n’avait pas vu depuis 1990 », a indiqué le président de l’Institut Ifo, Hans-Werner Sinn. En octobre, le pays a enregistré un excédent commercial de 17,3 milliards d’euros, record là aussi depuis la réunification, malgré la force actuelle de l’euro face au dollar. Au-delà des exportations, l’envolée des investissements des entreprises et une timide reprise de la consommation privée ont redonné sa vitalité à l’économie, a souligné l’agence de notation financière Standard and Poor’s (SP), dans une étude. Le marché de l’emploi en profite. En novembre, le nombre de chômeurs est tombé sous le seuil symbolique de quatre millions. Enfin, les finances publiques se sont améliorées, « et beaucoup plus vite qu’on ne l’imaginait au départ », a relevé SP. L’Allemagne va de nouveau rentrer en 2006 dans les clous du pacte de stabilité, qui limite les déficits publics à 3 % du produit intérieur brut. Elle l’enfreignait depuis 2002. Après environ 2,5 % en 2006, la croissance devrait toutefois tomber à 1,4 % ou 1,5 % en 2007, selon de nombreuses estimations. Car les menaces planent : il faudra digérer la forte augmentation (de 16 à 19 %) de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) qui va sans doute freiner la consommation des ménages et dans la foulée l’ensemble de la croissance. En outre, le ralentissement prévu de la conjoncture mondiale l’an prochain, dans le sillage de l’essoufflement aux États-Unis, aurait de quoi inquiéter le champion des exportations. Pourtant les entrepreneurs allemands continuent « de voir de bonnes opportunités pour leurs affaires à l’export », a souligné l’institut Ifo. Après avoir pendant des années été qualifié d’« enfant à problème » de l’Europe, le pays fait à l’évidence son retour, ce qui n’est pas un hasard, a estimé Holger Schmieding, économiste de la Bank of America. « L’Allemagne recueille les résultats positifs de cinq ans de cure de remise en forme, de sa marche pénible pour retrouver la santé », faite de modération salariale, de réforme du marché du travail, d’efforts des entreprises pour retrouver leur compétitivité, souvent au prix de coupes massives dans les effectifs. Même si une poursuite des réformes est nécessaire, l’économie s’est, selon lui, « complètement débarrassée des poids dont elle s’était elle-même chargée en raison de son approche coûteuse de la réunification ».

Exportations florissantes malgré l’euro fort, moral d’acier des industriels, progrès dans la discipline budgétaire et même embellie du marché du travail : l’Allemagne est redevenue la locomotive économique de la zone euro, mais au prix de nombreux efforts. « L’économie allemande traverse un boom extraordinairement fort, qu’on n’avait pas vu depuis 1990 », a indiqué le président de l’Institut Ifo, Hans-Werner Sinn. En octobre, le pays a enregistré un excédent commercial de 17,3 milliards d’euros, record là aussi depuis la réunification, malgré la force actuelle de l’euro face au dollar. Au-delà des exportations, l’envolée des investissements des entreprises et une timide reprise de la consommation privée ont redonné sa vitalité à l’économie, a souligné l’agence de notation financière...