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France 2006 année « Royal », 2007 année présidentielle

2006 aura été, à gauche, l’année Royal : populaire depuis des années mais éclipsée par les ténors du PS, Ségolène Royal s’est imposée en moins d’un an en exploitant à fond l’engouement de l’opinion en sa faveur. « Et si c’était elle ? » Lorsqu’en novembre 2005, le magazine français, Le Nouvel Observateur s’interroge en une sur la présidente de la région Poitou-Charentes, il reflète l’incertitude qui règne au Parti ssocialiste. Un an avant la désignation du candidat par les militants, aucun dirigeant socialiste n’a en effet encore émergé. Le premier secrétaire, François Hollande, tente de se refaire une santé après l’échec du « oui » au référendum européen, Dominique Strauss-Kahn reste dans sa roue au congrès du Mans, Laurent Fabius n’engrange pas les dividendes de son « non ». Très populaire, Jack Lang ne convainc pas comme possible chef d’État. Lionel Jospin montre le bout du nez ( il publie Le monde comme je le vois )mais coupera son élan en février. Il tentera de revenir fin juin. Trop tard, analysent ses amis. Chouchoutée par les médias sur papier glacé, où son visage de madone fait merveille, Ségolène Royal va s’engouffrer dans la brèche. Elle cultive sa singularité. Quand l’aréopage socialiste, au complet, va s’incliner le 8 janvier, à Jarnac (Charente) sur la tombe de François Mitterrand, mort dix ans plus tôt, la députée des Deux-Sèvres se tourne vers l’avenir : direction le Chili, où elle va soutenir une femme, Michelle Bachelet, candidate à la présidence, élue quelques jours plus tard. Dans le parti, l’opération Royal est plutôt mal perçue. C’est le 8 mars, Journée internationale de la femme, qu’apparaît au grand jour l’attrait des Français pour celle qu’on n’appelle déjà plus que par son prénom. À Privas, chef-lieu de l’Ardèche, on n’a jamais vu autant de monde pour une réunion publique. Ils sont entre 800 et un millier. L’affluence ne se démentira plus. C’est une femme, elle symbolise le renouvellement et même le renouveau, elle se tient à l’écart des batailles d’appareil pour « parler aux Français », elle insiste sur « les valeurs » et le concret au détriment des joutes politiques : telles sont les explications avancées de la « Ségomania ». Résultat, le 16 novembre, elle triomphe face à Fabius et Strauss Kahn, en remportant les primaires socialistes, avec 60,65 % des voix des adhérents. Royal a gagné une bataille, mais pas la guerre, à savoir la présidentielle. Une guerre dans laquelle elle devrait, selon toute vraisemblance, être opposée à Nicolas Sarkozy, le président de l’UMP, son concurrent le plus dangereux à droite. Royal est attendue au tournant, notamment sur les dossiers de politique étrangère, où ses faiblesses sont claires. Pour sa première sortie en tant que candidate, elle choisit le Proche-Orient, le Liban, Israël, les territoires palestiniens. Et multiplie les bourdes : Une conférence de presse avec un député du Hezbollah qui assimile le sionisme au nazisme, une justification des survols israéliens au Liban-Sud après les avoir condamnés… En France, au sein de l’UMP, c’est la curée. Le voyage de Ségolène tourne à la polémique nationale. La candidate socialiste ne se démonte toutefois pas et poursuit son bonhomme de chemin. De l’autre côté de l’échiquier, Nicolas Sarkozy, au coude-à-coude dans les sondages avec Ségolène Royal, prépare sa stratégie. Il doit avant tout convaincre dans son propre camp qu’il est le candidat le mieux à même de maintenir la droite au pouvoir. Ce qui n’est pas gagné. Selon un ministre proche de Jacques Chirac, « jamais le président de la République ne fera perdre son camp ». Mais un autre affirme que « Chirac ne peut pas souffrir Sarkozy » et que « Villepin y croit toujours et attend une fenêtre de tir début février – peut-être une baisse de Sarkozy dans les sondages – pour y aller ». La tension entre Sarkozy et Villepin est d’autant plus forte qu’elle se déroule sur fond d’affaire Clearstream. Les proches de M. Sarkozy sont persuadés que M. de Villepin a voulu « mouiller » le président de l’UMP dans cette affaire de listings truqués de comptes bancaires, notamment en ne l’avertissant pas à temps que son nom y figurait. « Mais on ne me fera pas croire que Sarkozy, avec les réseaux qu’il a, n’était pas au courant depuis longtemps », glisse un de ses collègues au gouvernement. En attendant que cette affaire soit dénouée par la justice – en supposant qu’elle le soit d’ici à l’élection présidentielle – les deux hommes continuent de se regarder en chiens de faïence, malgré leur bonne entente officielle. En France, 2007 sera l’année des batailles électorales.

2006 aura été, à gauche, l’année Royal : populaire depuis des années mais éclipsée par les ténors du PS, Ségolène Royal s’est imposée en moins d’un an en exploitant à fond l’engouement de l’opinion en sa faveur.
« Et si c’était elle ? » Lorsqu’en novembre 2005, le magazine français, Le Nouvel Observateur s’interroge en une sur la présidente de la région Poitou-Charentes, il reflète l’incertitude qui règne au Parti ssocialiste. Un an avant la désignation du candidat par les militants, aucun dirigeant socialiste n’a en effet encore émergé. Le premier secrétaire, François Hollande, tente de se refaire une santé après l’échec du « oui » au référendum européen, Dominique Strauss-Kahn reste dans sa roue au congrès du Mans, Laurent Fabius n’engrange pas les dividendes de son « non...