« Le chemin de la tolérance et du dialogue, que le concile Vatican II a heureusement engagé, doit être poursuivi avec constance (…). Le rapport entre les religions n’est constructif que s’il évite toute ambiguïté. »
Benoît XVI, pape de la chrétienté
Ainsi le dialogue fait partie de notre enseignement et de notre héritage de chrétiens. Mais dialoguer, c’est échanger et pour échanger, encore faut-il avoir quelque chose à consentir. Et depuis quand dialogue-t-on les armes à la main? Les armes sont des outils de contrainte et le dialogue exclut la contrainte pour déboucher sur la conviction par la raison.
Force nous est aussi de constater qu’il n’y a qu’au Liban où l’on s’autorise à discuter (et à s’insulter) sur son appartenance nationale. Il y a là pourtant des axiomes intangibles, indiscutables, non négociables. Être Libanais, c’est penser Liban, exclusivement Liban, se refuser complètement et irréversiblement à toute autre allégeance. On s’imagine à tort que les solutions provisoires, les palliatifs, les replâtrages peuvent calmer à court terme. En réalité, ils ne font qu’affaiblir et retarder nos chances de bâtir cet indispensable État de droit qui nous échappe toujours.
Et que dire des libertés d’expression et de l’ouverture sur les autres? Pourquoi par exemple l’importante communauté chiite au Liban est-elle monolithique et hermétique? Pourquoi des personnages de grande intelligence et d’authentique culture comme Hassan Nasrallah ou Nabih Berry restent-ils prisonniers de leurs certitudes et de leurs peurs de voir s’exprimer d’autres membres indépendants de leur communauté pourtant riche en individualités de cœur et d’esprit?
Trêve donc de chantages suicidaires, de recours à la rue – machine aveugle de suivisme –, d’escroqueries à la vérité. Si l’une des parties à un éventuel dialogue n’a pas l’intention – et la liberté – d’arriver à un résultat excluant toute équivoque et toute atteinte à l’autodétermination, à l’indépendance et aux libertés fondamentales, nous ne déboucherons (une fois de trop) que sur la même tragique impasse génératrice de peur, de frustrations et de désespoir.
Quant à l’État, souvent accusé de faiblesse, il se doit de comprendre que rien n’est plus dangereux que de prétendre maintenir la paix quand il s’agit en réalité de l’imposer.
Il n’est d’espoir, de culture de vie, que dans le cheminement consensuel, pacifique, sans arrière-pensées et sans compromissions de l’islam et la chrétienté dans le même creuset de «communauté de destin» qui est précisément la raison d’être et la vocation éternelle d’un Liban pluraliste.
L’histoire a montré les conséquences tragiques de la complaisance face à la contrainte et à la dictature des idéologies liberticides et des armes.
Paul Ph. EDDÉ
« Le chemin de la tolérance et du dialogue, que le concile Vatican II a heureusement engagé, doit être poursuivi avec constance (…). Le rapport entre les religions n’est constructif que s’il évite toute ambiguïté. »
Benoît XVI, pape de la chrétienté
Ainsi le dialogue fait partie de notre enseignement et de notre héritage de chrétiens. Mais dialoguer, c’est échanger et pour échanger, encore faut-il avoir quelque chose à consentir. Et depuis quand dialogue-t-on les armes à la main? Les armes sont des outils de contrainte et le dialogue exclut la contrainte pour déboucher sur la conviction par la raison.
Force nous est aussi de constater qu’il n’y a qu’au Liban où l’on s’autorise à discuter (et à s’insulter) sur son appartenance nationale. Il y a là pourtant des axiomes intangibles,...
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