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Entreprise La performance

Par Jihane ABI AZAR* La performance. Ce concept constitue depuis un certain temps la préoccupation de tous, chercheurs, entrepreneurs, gestionnaires, ou stratèges. Ces dernières années, qu’elles soient du domaine académique ou professionnel, la quantité de publications sur le sujet a augmenté à un rythme impressionnant. Malgré ce fait, on ne trouve pas une définition précise et « unanime » de ce qu’est la performance. Chaque acteur l’appréhende à sa façon et la définit selon l’image qui lui convient le plus. En général, les acteurs considèrent la performance comme le « résultat obtenu ». Les termes « succès », « résultats », « réussite » et « performance » sont utilisés de façon substituable sans distinction de l’un envers l’autre. Aujourd’hui, avec les mouvances de l’environnement, comment la performance est-elle mesurée et comment doit-on l’appréhender ? Dans le temps, la performance était mesurée exclusivement par l’information financière issue des états financiers. Les indicateurs les plus répandus et les plus reconnus par les entreprises se limitaient au bénéfice net, au bénéfice par action et au rendement sur capital investi. Au milieu des années 1990, un nouvel ordre économique mondial s’impose. Les modes de production deviennent plus complexes et l’environnement géographique et technique devient de plus en plus instable. Dans ce contexte, les entreprises sont menées à faire « plus » et avec « moins ». Pour répondre aux nouvelles exigences de l’environnement, on a vu apparaître des modèles plus globaux de mesure et de gestion de la performance, tels que l’EVA (Economic Value Added, Stern, Stewart et Chew, 1998) et le tableau de bord équilibré de Kaplan et Norton (1993). Le TBP a poussé les entreprises à considérer des facteurs non financiers pour appréhender la performance, comme la fidélité des clients, le bien-être des employés, les processus internes et le degré d’innovation de l’entreprise. Depuis ce temps, plusieurs études, dans le domaine académique, prouvent qu’une performance financière « soutenable » à long terme est attribuable à des facteurs non financiers et que les données comptables ne sont pas en mesure de prendre en compte l’investissement dans des actifs intangibles tels que la satisfaction de la clientèle. Il faut réaliser que l’entreprise n’est plus uniquement un outil de production, comme nous le montre la représentation comptable classique, mais un système de relations, système lui-même en relation avec l’environnement et le marché. Dans un tel contexte mouvant, si l’entreprise veut préserver sa compétitivité, sa productivité, sa rentabilité et assurer sa pérennité, elle doit repenser son système et ses outils de gestion. L’actif d’une entreprise, par exemple, doit s’évaluer non plus en termes de valeur patrimoniale, mais plus en termes de capacité à créer des richesses. Cette création de richesse ne peut être mesurée qu’à partir d’une mosaïque d’indicateurs financiers et non financiers que l’entreprise doit prendre en compte dans son système de gestion. Cette nouvelle approche de la performance induit tout naturellement la nécessité de dépasser la dichotomie entre l’économique et le social. Il semble donc pertinent de mettre en regard l’évaluation des entreprises orientée vers la production de biens et de services, et l’évolution de la société tournée vers le bien être individuel et collectif. * Spécialiste en comptabilité et contrôle de gestion – Centre de recherche et d’études doctorales de l’ESA (CRED). En coopération avec l’ESA

Par Jihane ABI AZAR*

La performance. Ce concept constitue depuis un certain temps la préoccupation de tous, chercheurs, entrepreneurs, gestionnaires, ou stratèges. Ces dernières années, qu’elles soient du domaine académique ou professionnel, la quantité de publications sur le sujet a augmenté à un rythme impressionnant. Malgré ce fait, on ne trouve pas une définition précise et « unanime » de ce qu’est la performance. Chaque acteur l’appréhende à sa façon et la définit selon l’image qui lui convient le plus. En général, les acteurs considèrent la performance comme le « résultat obtenu ». Les termes « succès », « résultats », « réussite » et « performance » sont utilisés de façon substituable sans distinction de l’un envers l’autre. Aujourd’hui, avec les mouvances de...