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Actualités

Où allons-nous ?

Il m’arrive souvent, dans mes longues nuits d’insomnie, d’imaginer mon pays échapper à cette marée montante de critiques acerbes et d’espoirs déçus, orchestrée souvent de l’extérieur, et qui représente une opposition fébrile de pouvoir, mais incapable de soulever et satisfaire un peuple qui vient à peine de se libérer d’une oppression de vingt ans et qui, sous un même drapeau, a, un certain 14 Mars, retrouvé sa liberté d’expression et de pensée. Comme ils étaient beaux, nos enfants qui criaient à tue-tête : « Liberté, liberté ! » dans une mer de drapeaux rouge et blanc. Ils avaient émerveillé le monde et redonné au pays dignité et confiance. Aujourd’hui, nous nous retrouvons, après cette guerre destructrice de juillet, dans un imbroglio sans pareil où chacun de son côté attise ses aigreurs et rejette sur l’autre la cause de tous nos maux. Il serait pourtant possible de s’entendre et je vais me permettre de donner amicalement à chacune des deux parties un conseil. Au général Aoun, pour qui je continue d’éprouver beaucoup de respect, je demande de calmer ses ardeurs et de savoir reconnaître les qualités de ses adversaires, de tempérer ses propos et de se dire que le pouvoir par le dialogue constructif peut s’obtenir, et qu’il n’est pas nécessaire de s’allier au diable pour arriver à ses fins. À l’intention des gens du pouvoir, je voudrais tout d’abord relever la personnalité d’un Siniora reconnu dans le monde entier comme un grand homme d’État, mais je demanderais d’accepter le dialogue, pourvu qu’il soit constructif. Mais avant d’aller au fond des choses, il y a une première condition à respecter. Celle de connaître la complète vérité sur l’assassinat de Rafic Hariri et de ses compagnons. Est-ce possible que, 630 jours après sa mort, aucune vérité ne se soit fait jour, et que nous tous, grands et petits, nous gardions au fond de la gorge un certain dégoût de voir comment jusqu’aujourd’hui on esquive cette vérité ? Que le ou les coupables soient dénoncés et punis. Cela pourrait faire du mal à certains, détériorer les relations avec certains États, mettre par terre certains potentats qui, depuis des décennies, nous mènent en bateau, mais au moins, ce point d’interrogation immense, qui crispe toute notre vie politique, serait résolu. C’est à partir du moment où l’on saura la vérité que le dialogue pourra reprendre, que les cœurs seront soulagés et que les vrais assassins seront connus. Sur l’échiquier international, nos actions vont se renforcer ; sur le terrain libanais, nous en aurons fini avec les accusations mutuelles et nous aurons permis à des dizaines de milliers de Libanais, au Liban et dans le monde, de voir que la justice au Liban n’est pas un vain mot. Et quand nous aurons entamé le vrai dialogue, main dans la main, recréons le Liban de nos pères, celui de la fraternité et de la coexistence. Le Liban enfin dépolitisé et le regard tourné uniquement vers son avenir touristique et économique. Nos enfants, qui ont déjà tant souffert pour ce pays, nous en seront reconnaissants toute leur vie. Raymond NAHAS
Il m’arrive souvent, dans mes longues nuits d’insomnie, d’imaginer mon pays échapper à cette marée montante de critiques acerbes et d’espoirs déçus, orchestrée souvent de l’extérieur, et qui représente une opposition fébrile de pouvoir, mais incapable de soulever et satisfaire un peuple qui vient à peine de se libérer d’une oppression de vingt ans et qui, sous un même drapeau, a, un certain 14 Mars, retrouvé sa liberté d’expression et de pensée.
Comme ils étaient beaux, nos enfants qui criaient à tue-tête : « Liberté, liberté ! » dans une mer de drapeaux rouge et blanc. Ils avaient émerveillé le monde et redonné au pays dignité et confiance.
Aujourd’hui, nous nous retrouvons, après cette guerre destructrice de juillet, dans un imbroglio sans pareil où chacun de son côté attise ses aigreurs...