Un gouvernement d’union nationale. Certains n’ont que ce mot à la bouche. D’aucuns n’oseraient critiquer le principe même d’un tel gouvernement. S’y opposer prendrait vite des allures d’affaire d’État. En effet, le slogan du « tous ensemble, main dans la main » vend bien. Comme tous les slogans démagogues faciles. Qui en effet aurait la prétention de s’opposer à l’idée de combattre la corruption ou de réclamer des comptes à des politiciens qui auraient abusé de leurs pouvoirs ?
Personne, pas même les abuseurs de pouvoir eux-mêmes. Plus la demande est simple, voire simpliste, plus elle a des chances de drainer du monde. Sauf que si l’on n’y prête pas attention, la situation peut facilement déraper jusqu’à devenir incontrôlable.
Revenons au gouvernement d’union nationale proposé au menu de la table des concertations, digne héritière de la très réussie table du dialogue. En effet, en matière de dialogue, il n’y a pas à dire, les Libanais sont champions. Berry l’a bien compris, en proposant en guise de « eidyeh » un retour à la case départ, en moins élaboré. On a déjà vu des cadeaux plus généreux. Mais il faut dire que les Libanais ne croient plus au Père Noël depuis un certain nombre d’années déjà, et la maigreur du cadeau proposé les a laissés, disons, blasés.
Bon. Cela dit, il va falloir maintenant retrousser les manches et parler. Il y a un point qui me taraude depuis que j’ai entendu le chef du Hezbollah affirmer qu’il serait prêt à user de tous les moyens, démocratiques bien entendu, pour arriver à un gouvernement d’union nationale, si jamais les concertations venaient à échouer. Je ne comprends pas. La table des concertations devrait grouper les représentants de tous les pôles libanais. De deux choses l’une : soit on arrive à se mettre d’accord pour un « gouvernement d’union », et là je ne vois vraiment, mais alors vraiment pas comment il pourrait gérer le pays, avec autant de contradictions en son sein ; soit tout ce beau monde n’arrive pas à se mettre d’accord pour s’unir, et je ne vois pas non plus en quoi les moyens « démocratiques » vont aider. À partir de là, le scénario possible est terrifiant : la rue se déchaîne, comme promis (sic !) par les alliés de Damas, et l’on obtient de force la démission du gouvernement actuel. Le gouvernement suivant serait alors le contraire même d’un gouvernement d’union, mais seulement un cabinet du plus fort... pas au sens figuré. Je vous laisse deviner la fin de l’histoire...
Morale : à vos visas, prêts ? Partez !
Joumana DEBS NAHAS
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Un gouvernement d’union nationale. Certains n’ont que ce mot à la bouche. D’aucuns n’oseraient critiquer le principe même d’un tel gouvernement. S’y opposer prendrait vite des allures d’affaire d’État. En effet, le slogan du « tous ensemble, main dans la main » vend bien. Comme tous les slogans démagogues faciles. Qui en effet aurait la prétention de s’opposer à l’idée de combattre la corruption ou de réclamer des comptes à des politiciens qui auraient abusé de leurs pouvoirs ?
Personne, pas même les abuseurs de pouvoir eux-mêmes. Plus la demande est simple, voire simpliste, plus elle a des chances de drainer du monde. Sauf que si l’on n’y prête pas attention, la situation peut facilement déraper jusqu’à devenir incontrôlable.
Revenons au gouvernement d’union nationale proposé au menu de...