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ÉNERGIE Le nationalisme pétrolier mène la vie dure aux transnationales

Les déboires de Total en Russie, les menaces sur les contrats pétroliers venant d’Équateur ou la fermeté iranienne face aux Japonais illustrent de nouveau l’affaiblissement des grandes compagnies face aux pays producteurs qui ne veulent plus se laisser dicter leur loi. « Il y a un changement très significatif du rapport de force entre compagnies pétrolières internationales et compagnies nationales, et il est clair aujourd’hui que ce sont les compagnies nationales qui tiennent le manche », analyse le président de l’Institut français du pétrole, Olivier Appert. Les exemples récents sont légion. En Russie, Shell a des problèmes avec les autorités sur le gisement de Sakhaline et Total sur celui de Khariaga. Encore plus emblématique, Gazprom a décidé d’exploiter seul le gaz de Chtokman, sans aide étrangère. L’Iran a réduit à la portion congrue la part des Japonais dans le champ pétrolifère d’Azadegan. En Amérique latine, le président vénézuélien Hugo Chavez est familier de l’arme énergétique, et le président bolivien Evo Morales est en train d’appliquer une politique de « nationalisation ». « Il y a partout un retour au nationalisme pétrolier », estime Jean-Marie Chevalier, directeur du centre de géopolitique de l’énergie et des matières premières de l’Université Paris-Dauphine. Rafael Correa, présent au second tour de l’élection présidentielle équatorienne, a annoncé qu’il renégocierait les contrats avec les grandes compagnies pétrolières. « Nombre d’entre eux ont été un hold-up », a-t-il lancé. L’époque du traité d’Achanacarry de 1928, lorsque les patrons des compagnies occidentales se sont réunis dans ce manoir écossais pour se répartir les ressources du Moyen-Orient, ou celle de l’immédiate après-guerre où le fameux « cartel des sept sœurs » (les sept plus grandes compagnies) régissait le monde, semblent révolues. « Les pays producteurs doivent expliquer à leur population pourquoi le pétrole ne leur rapporte pas plus, ils doivent faire face à leurs besoins financiers et sont tentés de traire encore un peu plus la vache à lait », estime Colette Lewiner, directrice internationale « énergie » du groupe de conseil Capgemini. Mais les experts pointent les limites de ce nationalisme, avec le risque que les pays producteurs, guidés par une vision à court terme, n’investissent pas assez pour préparer dans l’avenir. « L’une des craintes est que les investissements ne se fassent pas en quantité suffisante », estime M. Chevalier. « On a constaté qu’après les phases de nationalisme pétrolier, la production baisse. Ils risquent de tuer la poule aux œufs d’or », estime Mme Lewiner.
Les déboires de Total en Russie, les menaces sur les contrats pétroliers venant d’Équateur ou la fermeté iranienne face aux Japonais illustrent de nouveau l’affaiblissement des grandes compagnies face aux pays producteurs qui ne veulent plus se laisser dicter leur loi.
« Il y a un changement très significatif du rapport de force entre compagnies pétrolières internationales et compagnies nationales, et il est clair aujourd’hui que ce sont les compagnies nationales qui tiennent le manche », analyse le président de l’Institut français du pétrole, Olivier Appert.
Les exemples récents sont légion. En Russie, Shell a des problèmes avec les autorités sur le gisement de Sakhaline et Total sur celui de Khariaga. Encore plus emblématique, Gazprom a décidé d’exploiter seul le gaz de Chtokman, sans aide...