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Actualités - Opinion

Le litige sur les priorités des échéances provoque une impasse

Le clivage s’accentue de jour en jour. Il porte sur l’ordre de marche, l’agenda des échéances. Le 14 Mars réclame une présidentielle en premier lieu. En concédant qu’ensuite il y aurait un nouveau gouvernement. Puis une loi électorale permettant des législatives anticipées. Alors qu’en face le 8 Mars et ses alliés exigent la mise en place, d’abord, d’un cabinet d’union nationale. Suivi de l’installation d’une nouvelle Chambre. Qui, elle, élirait le successeur de M. Lahoud dont le mandat, du reste, toucherait presque à son terme. Car pour assurer la détente afin de pouvoir s’entendre sur la composition du cabinet d’union, il faut du temps. Et il en faut bien plus pour élaborer la loi électorale et organiser le scrutin des législatives. Point de vue Chacun développe, comme de bien entendu, un argumentaire déterminé. Les indépendantistes font valoir que toute solution passe nécessairement, en bonne logique, par le sommet de la pyramide institutionnelle, puisqu’il y a crise de pouvoir. Ils soulignent qu’en pratique, il est beaucoup plus aisé de s’entendre sur un nom que de former un cabinet d’union nationale, forcément élargi. Ils affirment ensuite que ceux qui demandent ce cabinet n’ont, s’ils sont vraiment de bonne foi, qu’à engager des contacts pour en préparer la formation. Ainsi que pour un accord préalable sur la déclaration ministérielle, en vue de prévenir un conflit qui ferait imploser le nouveau gouvernement. Les majoritaires laissent donc entendre qu’il n’en est rien et que leurs adversaires, ne développant pas de tels contacts, ne seraient donc pas de bonne foi. Mais auraient plutôt l’intention de proroger sinon d’attiser la crise de pouvoir. À cela s’ajoute que le 14 Mars refuse des législatives tant que M. Lahoud continue à résider à Baabda. Car, selon ce camp, il pourrait s’en mêler, les dénaturer, les empêcher d’être régulières et libres. Pour conclure que si les alliés de la Syrie redoutent un président qui serait élu par l’actuelle majorité, il n’y a qu’à s’entendre sur un candidat admis par la majeure partie des forces politiques de ce pays. À noter que ce camp ne répugne plus tellement à voir M. Lahoud terminer son mandat prorogé. Car le statu quo signifie pour lui qu’il garde la majorité. Et un certain avantage au niveau de la prise de décision. Autres éléments En face, on soutient qu’en formant d’abord un cabinet d’union nationale, suivi de législatives, on irait droit au but fondamental, en apportant de suite une solution à la crise. Mais on cache mal que l’objectif est de modifier les rapports de force. Dans la mesure où dans l’optique et l’espoir du 8 Mars, les résultats des élections législatives lui seraient favorables et lui donneraient la majorité. Tout du moins avec l’apport, substantiel, de ses alliés. Grosso modo, le conflit divise les Libanais à parts égales. Il s’articule principalement, en fait, autour de l’engagement ou des sympathies du prochain président. Il ne faut cependant pas oublier que le président, dans ce pays, n’est pas le produit du choix des seuls Libanais. D’influentes parties étrangères gardent leur mot à dire. La Syrie, qui a imposé sa tutelle pendant trente ans, désignait le président. Et seuls les USA, mais de manière partielle, étaient parfois autorisés à partager la décision. Le fameux « mot d’ordre » ou « mot de passe » donné aux députés reste dans toutes les mémoires. Aujourd’hui, il n’en est plus rien. Sauf que Damas conserve une capacité de blocage à travers ses alliés du cru. À ses côtés, on trouve l’Iran. Et, à quelque distance certainement, l’Arabie saoudite, les États-Unis, la France et même l’Égypte. Il faut donc un équilibre, un consensus aussi bien régionalo-international que local pour désigner le prochain président de la République. Émile KHOURY

Le clivage s’accentue de jour en jour. Il porte sur l’ordre de marche, l’agenda des échéances. Le 14 Mars réclame une présidentielle en premier lieu. En concédant qu’ensuite il y aurait un nouveau gouvernement. Puis une loi électorale permettant des législatives anticipées.
Alors qu’en face le 8 Mars et ses alliés exigent la mise en place, d’abord, d’un cabinet d’union nationale. Suivi de l’installation d’une nouvelle Chambre. Qui, elle, élirait le successeur de M. Lahoud dont le mandat, du reste, toucherait presque à son terme. Car pour assurer la détente afin de pouvoir s’entendre sur la composition du cabinet d’union, il faut du temps. Et il en faut bien plus pour élaborer la loi électorale et organiser le scrutin des législatives.

Point de vue
Chacun développe, comme de bien entendu, un...