JUSTICE
Le parquet requiert la réhabilitation
pour Guillaume Seznec
le 06 octobre 2006 à 00h00
La réhabilitation de Guillaume Seznec, condamné en 1924 pour meurtre dans un des plus célèbres dossiers criminels français de l’histoire, a été requise hier par le parquet général de la Cour de cassation.
«Il convient de le faire bénéficier du doute et de décharger sa mémoire de la culpabilité », a dit l’avocat général Jean-Yves Launay au terme d’une intervention de plus de deux heures.
Si la Cour de cassation, siégeant exceptionnellement en « Cour de révision » avec une trentaine de magistrats, le suivait, ce serait historique. Aucun condamné en France n’a jamais été blanchi après son décès.
Rien ne semble acquis, car le conseiller chargé de rapporter l’affaire, Jean-Louis Castagnède, a exposé des conclusions opposées. Les éléments à charge retenus contre Seznec ont été plutôt confirmés par l’enquête en révision et les éléments nouveaux sont flous, dit-il en substance. La décision devait être mise en délibéré pour plusieurs semaines.
Guillaume Seznec, maître de scierie à Morlaix (Finistère), a été condamné aux travaux forcés à perpétuité le 4 novembre 1924 pour le meurtre du conseiller général Pierre Quemeneur, un de ses amis, dont le corps n’a jamais été retrouvé.
Le condamné a toujours clamé son innocence. Après vingt ans de bagne en Guyane, il fut gracié en 1947 et libéré. Il est mort dans un accident de la circulation en 1954. Treize demandes de révision du procès ont déjà été rejetées.
Jean-Yves Launay a dit avoir acquis « l’intime conviction » de l’innocence de l’ancien bagnard. « Le risque d’erreur judiciaire n’est que trop grand pour que le bénéfice du doute ne profite pas au condamné », a-t-il dit, appelant les juges à « un arrêt qui marquera l’histoire judiciaire du pays ». « Il est nécessaire que l’institution judiciaire, qui comme toute institution humaine n’est pas infaillible, accepte de se remettre en cause lorsqu’elle s’est trompée », a-t-il ajouté.
Pour l’avocat général, « l’hypothèse la plus vraisemblable » est que Guillaume Seznec a été victime d’une « machination policière de grande ampleur liée à un trafic de (voitures) Cadillac ». Cette thèse est celle de la famille Seznec. Les policiers auraient, selon ce scénario, « fabriqué » un coupable pour masquer l’implication de hauts fonctionnaires ou de dirigeants politiques dans un trafic de voitures entre la France et la Russie soviétique. « Beaucoup de gens avaient intérêt à étouffer le scandale », a dit l’avocat général. Pourtant, les multiples investigations menées lors de l’enquête de révision n’ont jamais permis de confirmer l’existence de ce supposé
trafic.
La réhabilitation de Guillaume Seznec, condamné en 1924 pour meurtre dans un des plus célèbres dossiers criminels français de l’histoire, a été requise hier par le parquet général de la Cour de cassation.
«Il convient de le faire bénéficier du doute et de décharger sa mémoire de la culpabilité », a dit l’avocat général Jean-Yves Launay au terme d’une intervention de plus de deux heures.
Si la Cour de cassation, siégeant exceptionnellement en « Cour de révision » avec une trentaine de magistrats, le suivait, ce serait historique. Aucun condamné en France n’a jamais été blanchi après son décès.
Rien ne semble acquis, car le conseiller chargé de rapporter l’affaire, Jean-Louis Castagnède, a exposé des conclusions opposées. Les éléments à charge retenus contre Seznec ont été plutôt...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.