À la veille du départ du président Jacques Chirac pour participer au sommet de la francophonie à Bucarest, la question de l’élimination du président Émile Lahoud de la liste des invités à ce sommet et de son remplacement par le Premier ministre, Fouad Siniora, revient sur le tapis. C’est surtout le cas à Beyrouth, d’ailleurs, plus qu’à Paris, où le Quai d’Orsay et l’Élysée ont démenti vigoureusement les accusations du président Lahoud sur des pressions exercées par la France sur la Roumanie pour l’empêcher de l’inviter à ce sommet.
Le ministère des Affaires étrangères a tout d’abord affirmé par la bouche de son porte-parole, Jean-Baptiste Mattéi, que ce sont les autorités roumaines qui avaient invité le chef du gouvernement libanais à Bucarest et que celui-ci y déléguera le ministre Tarek Mitri en tant que représentant personnel.
« Nous ne souhaitons pas entrer dans une polémique sur cette question puisqu’une invitation a été adressée par les organisateurs du sommet au Premier ministre Fouad Siniora », a ajouté M. Mattéi, qui a précisé que le plus important est que le Liban soit présent à ces assises francophones, même par le biais d’un « représentant personnel, expression utilisée par le côté libanais ».
M. Mattéi a rappelé ensuite que les besoins du Liban en matière de reconstruction seront évalués à Bucarest sur base du rapport établi par l’émissaire de l’OIF, M. Clément Duhaime, envoyé à Beyrouth les 18 et 19 septembre.
L’absence du président Lahoud à Bucarest a également été soulevée hier après-midi à l’Élysée lors d’un « briefing » de presse organisé par le porte-parole de la présidence de la République, Jérôme Bonnafont.
En réponse à une journaliste française qui demandait s’il était vrai que le Liban, pays francophone par excellence, ne serait pas officiellement présent à Bucarest en raison de pressions exercées par le président Chirac, M. Bonnafont a déclaré : « D’abord, le Liban est un pays francophone, sa tradition francophone est très vivace et c’est un membre actif au sein de l’OIF. Il appartient au pays qui exerce la présidence d’inviter au sommet les États membres. Et nous comprenons que la Roumanie a souhaité inviter le Liban dans des formes qui mettent l’action de la francophonie en conformité avec les décisions de l’ONU. Nous comprenons évidemment ce choix. Maintenant, il appartient au gouvernement libanais de décider des modalités précises de sa participation au sommet. »
Le porte-parole de l’Élysée a fermement nié l’existence de pressions exercées par le président Chirac sur la Roumanie pour que le président Émile Lahoud ne soit pas invité au sommet.
Toujours au sujet du Liban mais sur un autre registre, des sources proches de l’Élysée ont souligné l’importance de la présence libanaise à Bucarest, expliquant que le gouvernement de Beyrouth y cherchera et y trouvera probablement des appuis et un ferme soutien après ce qu’il vient de subir.
Ces sources ont ajouté que le Liban est un membre actif de l’OIF et que cela a été illustré par le succès du sommet francophone de Beyrouth en 2002, un succès qui était apparu aux yeux du monde francophone comme un symbole de la reconstruction du Liban. Reconstruction physique avec Beyrouth comme exemple et reconstruction politique. Pour l’Élysée, pour la France et pour la communauté francophone en général, ont expliqué ces sources, ce qui s’est passé récemment au Liban a été vécu très douloureusement et chacun tient à manifester sa solidarité et son soutien au pays du Cèdre.
Un haut responsable de l’Élysée a laissé entendre de son côté qu’au cours du sommet de Bucarest, l’OIF adoptera un programme de soutien à la reconstruction du Liban et invitera ses membres à participer à cet effort de reconstruction.
Sur le plan politique, a poursuivi ce responsable qui accompagnera Jacques Chirac au sommet, le président français pourra communiquer à ses homologues les actions et réflexions qui ont conduit la France à appuyer l’adoption de la résolution 1701. Il leur expliquera le processus de règlement politique par lequel on espère aboutir à un règlement durable entre le Liban et Israël par la restauration de la pleine souveraineté du gouvernement libanais sur l’ensemble du territoire avec l’appui de la Finul renforcée et par le processus politique confié au secrétaire général.
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Le ministère des Affaires étrangères a tout d’abord affirmé par la bouche de son porte-parole, Jean-Baptiste Mattéi, que ce sont les autorités roumaines qui avaient invité le chef du gouvernement libanais à Bucarest et que celui-ci y déléguera le ministre Tarek...