Les gouvernements occidentaux ont engagé un bras de fer avec l’Iran autour de son programme nucléaire. Au vu de la mésaventure qui est arrivée à un ami anglais, j’aimerais leur conseiller la prudence.
Cet ami est antiquaire et il était à Téhéran en quête de l’objet rare. Or voilà qu’au bazar, passant l’échoppe d’un marchand d’épices, le spectacle d’un chien enfournant sa pitance attire son regard. C’est alors qu’il se rend compte que le bol bleu turquoise qui sert à l’animal de gamelle est un précieux kachan datant du Xe siècle. Il me le faut, se dit-il, mais je dois à tout prix éviter de mettre la puce à l’oreille du marchand. Il s’approche donc et demande du safran. «Accepteriez-vous de me vendre ce chien pour cent dollars?» demande-t-il ensuite au marchand. «Marché conclu», s’empresse de dire ce dernier en empochant le billet. «Je vais lui prendre sa gamelle aussi», dit alors mon ami. «Je vous en donne dix dollars.» Mais à sa grande surprise l’Iranien refuse de lui céder la gamelle du chien pour dix dollars. Mon ami lui en offre alors cent, puis deux cents, puis cinq cents, puis mille, mais en vain. «Pourquoi diable tenez-vous tant à cette gamelle?» s’insurge-t-il. «C’est un talisman, lui répond le marchand, un vrai porte-bonheur!» «Un talisman? Un porte-bonheur?» s’étonne mon ami. «Voyez-vous, lui explique l’Iranien, depuis que je l’ai, il ne se passe pas une semaine sans que quelqu’un comme vous ne vienne m’acheter un chien comme celui-ci!»
Cela pour dire qu’avant de se fourvoyer plus avant, les gouvernants occidentaux feraient bien de se rappeler que les ancêtres des hommes qui dirigent aujourd’hui l’Iran excellaient déjà dans l’art de la diplomatie quand, en Occident, on en était encore à pousser des grognements et à se taper dessus à coups de massue. Mon souci étant que, les Iraniens continuant de les duper, les dirigeants du monde occidental ne perdent leurs nerfs et ne recourent à la canonnière. Avec encore moins de succès que mon ami antiquaire. Lui au moins aura appris quelque chose.
Percy KEMP
Les gouvernements occidentaux ont engagé un bras de fer avec l’Iran autour de son programme nucléaire. Au vu de la mésaventure qui est arrivée à un ami anglais, j’aimerais leur conseiller la prudence.
Cet ami est antiquaire et il était à Téhéran en quête de l’objet rare. Or voilà qu’au bazar, passant l’échoppe d’un marchand d’épices, le spectacle d’un chien enfournant sa pitance attire son regard. C’est alors qu’il se rend compte que le bol bleu turquoise qui sert à l’animal de gamelle est un précieux kachan datant du Xe siècle. Il me le faut, se dit-il, mais je dois à tout prix éviter de mettre la puce à l’oreille du marchand. Il s’approche donc et demande du safran. «Accepteriez-vous de me vendre ce chien pour cent dollars?» demande-t-il ensuite au marchand. «Marché conclu»,...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.