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À Aïn Ebel, les habitants s’en prennent aussi bien au Hezbollah qu’à Israël

À l’entrée du village de Aïn Ebel, dans le sud du Liban, pas de drapeau du Hezbollah ni de portraits de ses chefs. Une petite Vierge en marbre salue le visiteur dans ce bourg chrétien, où les critiques contre le parti de Dieu et contre Israël se conjuguent à l’unisson, rapporte l’AFP dans un reportage signé Beatriz Lecumberri. « Nous sommes fatigués de payer pour les erreurs des autres, affirme Moussa Barakat, un habitant de 27 ans. Nous sommes libanais, mais la bataille entre le Hezbollah et Israël n’est pas notre guerre. » Aïn Ebel, qui revendique 1 200 habitants, est pratiquement intact. Seules quelques maisons à proximité de la frontière avec l’État hébreu ont souffert des combats de plus d’un mois qui ont opposé en juillet et en août l’armée israélienne aux combattants chiites. La ville voisine, Bint Jbeil, fief de la formation chiite, a par contre été totalement dévastée par les bombardements israéliens. Pour les habitants rencontrés à Aïn Ebel, le Hezbollah a eu tort d’entraîner le Liban dans une nouvelle guerre avec son puissant voisin, mais ils condamnent aussi Israël pour avoir frappé sans discernement, tuant quelque 1 200 civils et détruisant une grande partie de l’infrastructure du pays. « Ici, il n’y avait pas de combattants du Hezbollah, explique Fadi Naami, 25 ans, devant sa maison en partie détruite par les bombes. Mais pour les Israéliens, cela ne fait pas de différence. Ils ne font pas de distinction entre chrétiens et chiites. » Et les « bonnes œuvres » de la formation chiite non plus : « Les hommes du Hezbollah sont venus ici évaluer les dégâts, poursuit Fadi Naami. Je ne les aime pas, mais j’ai accepté leur argent. Après tout, si ma maison a été détruite, c’est leur faute. C’est normal qu’ils payent. » Pour le père maronite Hanna Sleimane, il n’y a pas de problème entre les populations chrétienne et chiite qui se côtoient dans le sud du Liban, et les villages de confessions différentes partagent les mêmes malheurs. « La vie continue malgré toutes les difficultés », explique-t-il. « Les chrétiens n’ont aucun problème avec les chiites. Quand ils ont fui leurs maisons durant la guerre, nous étions toujours prêts à les accueillir, à leur donner à manger et à boire. Nous sommes frères. Le problème ici s’appelle Hezbollah, assure-t-il. Les chrétiens du sud du Liban sont plus forts que les guerres, et ils resteront sur cette terre », affirme-t-il encore, comme pour répondre aux craintes exprimées par des responsables de la communauté chrétienne de voir les jeunes choisir l’exil plutôt qu’un futur incertain dans le sud du Liban. Devant la porte d’un café, un groupe de jeunes regardent avec satisfaction un blindé français de la Finul traverser le village. « C’est bien que l’ONU protège nos frontières, qu’elles ne soient contrôlées ni par le Hezbollah ni par Israël. Mais cette force internationale ne doit quand même pas rester ici pour toujours », lance un de ces jeunes. Pour les habitants de Aïn Ebel, ni l’ONU ni l’armée libanaise ne pourront toutefois régler la question des armes du parti de Dieu. « C’est un énorme problème. Tous les Libanais du Sud possèdent des armes. Et c’est très difficile de dire qui les garde pour se défendre et qui les garde pour attaquer Israël », résume Fadi Naami.
À l’entrée du village de Aïn Ebel, dans le sud du Liban, pas de drapeau du Hezbollah ni de portraits de ses chefs. Une petite Vierge en marbre salue le visiteur dans ce bourg chrétien, où les critiques contre le parti de Dieu et contre Israël se conjuguent à l’unisson, rapporte l’AFP dans un reportage signé Beatriz Lecumberri.
« Nous sommes fatigués de payer pour les erreurs des autres, affirme Moussa Barakat, un habitant de 27 ans. Nous sommes libanais, mais la bataille entre le Hezbollah et Israël n’est pas notre guerre. »
Aïn Ebel, qui revendique 1 200 habitants, est pratiquement intact. Seules quelques maisons à proximité de la frontière avec l’État hébreu ont souffert des combats de plus d’un mois qui ont opposé en juillet et en août l’armée israélienne aux combattants chiites.
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