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Actualités - Opinion

Aphorismes Apophtegmes sur la guerre

Selon les Nations unies, la guerre a ramené les Libanais quinze ans en arrière. Quinze ans, c’est cinq de moins que ce qu’Ehud Olmert leur promettait. Décidément, celui-là n’aura tenu aucun de ses engagements. Nonobstant, le gouvernement libanais s’apprête à exiger de lui réparation. On se demande pourquoi. J’en connais qui se damneraient pour avoir quinze ans de moins. Quoi qu’il en soit, les deux camps devraient en profiter pour se plonger dans l’histoire et en tirer des leçons. La première, c’est l’Athénien Phocion qui pourrait la donner au Hezbollah et aux chefs de guerre israéliens. Lorsqu’on demandait à cet homme pondéré: «Quand donc, Phocion, conseilleras-tu aux Athéniens de faire la guerre?» il répondait: «Le jour où je verrai les jeunes gens décidés à ne pas se soustraire au service militaire, les riches à payer les frais de guerre et les orateurs à s’abstenir de voler les biens publics.» Or la société libanaise n’a jamais rempli ces conditions-là. Quant à la société israélienne, elle a pris ce même chemin de l’incivilité. Le Hezbollah aguerri mais coupé des autres Libanais et les stratèges israéliens prisonniers du mythe de leurs prédécesseurs feraient bien de se rappeler cet apophtegme de Phocion. La deuxième leçon, c’est le Lacédémonien Lycurgue qui la donnerait, cette fois-ci au gouvernement israélien et à la majorité parlementaire libanaise. À quelqu’un qui lui demandait comment mieux repousser les ennemis, il répondit: «En demeurant humbles et en ne désirant pas nous élever les uns au-dessus des autres.» Or l’humilité n’est pas la qualité première de ces gens-là. En Israël, le gouvernement actuel représente des classes sociales arrivistes qui ne se reconnaissent pas dans la société égalitaire d’antan. Quant à la majorité parlementaire libanaise, elle ne jure que par Ploutos et ne désire que s’élever au-dessus des autres. Les deux devraient garder cet apophtegme de Lycurgue à l’esprit. À trop ignorer les enseignements des Anciens, on se condamne à être de piètres chefs de guerre et gouvernants. Percy KEMP
Selon les Nations unies, la guerre a ramené les Libanais quinze ans en arrière. Quinze ans, c’est cinq de moins que ce qu’Ehud Olmert leur promettait. Décidément, celui-là n’aura tenu aucun de ses engagements. Nonobstant, le gouvernement libanais s’apprête à exiger de lui réparation. On se demande pourquoi. J’en connais qui se damneraient pour avoir quinze ans de moins. Quoi qu’il en soit, les deux camps devraient en profiter pour se plonger dans l’histoire et en tirer des leçons.
La première, c’est l’Athénien Phocion qui pourrait la donner au Hezbollah et aux chefs de guerre israéliens. Lorsqu’on demandait à cet homme pondéré: «Quand donc, Phocion, conseilleras-tu aux Athéniens de faire la guerre?» il répondait: «Le jour où je verrai les jeunes gens décidés à ne pas se soustraire au service...