L’économie de l’Iran survivrait à des sanctions économiques imposées à cause de son programme nucléaire, mais fait face à des périls plus importants comme une inflation élevée et des importations d’essence coûteuses, selon des économistes.
L’économie iranienne, très dépendante de sa production de pétrole, subit des sanctions économiques américaines depuis la révolution islamique de 1979.
« Elles créent des problèmes, mais l’Iran a appris à les contourner, particulièrement avec l’aide de pays tiers », assure le président de la compagnie de conseil Atieh Group, Bijan Khajehpour.
« Le seul impact (de nouvelles sanctions) sera une hausse du coût de certaines importations », dit-il.
Si Téhéran ne suspend pas son enrichissement d’uranium, le Conseil de sécurité devrait initialement adopter des sanctions relativement indolores, touchant avant tout des responsables du régime.
Selon l’économiste Saïd Leylaz, des sanctions plus sérieuses « ne tueraient pas l’économie ». De plus, il considère que « l’énorme marché iranien ne peut pas être ignoré facilement », et prévoit donc qu’il soit « difficile d’appliquer des sanctions ». « Si c’est le cas, ce sera progressif », dit-il.
Ceci étant, l’Iran a importé pour 35 milliards de dollars de biens dans l’année fiscale 2004/2005, selon les chiffres du Fonds monétaire international (FMI). La Turquie, qui compte comme l’Iran environ 70 millions d’habitants, a, elle, importé pour 100 milliards de dollars de biens.
Le véritable danger pour l’Iran, deuxième producteur de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), est à chercher dans son économie.
En mars, le président Mahmoud Ahmadinejad a annoncé un budget prévoyant une hausse de 25 % des dépenses.
Des économistes iraniens ont aussitôt mis en garde contre une poussée d’hyperinflation si l’État continue de déverser des fonds dans le circuit économique.
Le montant des liquidités s’établit officiellement à environ 99 milliards de dollars, en hausse de 36,8 % sur un an, grâce à la hausse des revenus du pétrole.
Le ministre de l’Économie Davoud Danesh-Jafari a déclaré que « 1 % de hausse des liquidités fait grimper l’inflation de 3 % ».
Le taux officiel d’inflation s’établit à 10,2 % sur un an, mais des estimations non officielles le placent presque au double, voire plus.
Son impact est amorti auprès de la population par une politique de subvention des biens de première nécessité, financée par les revenus du pétrole, dont l’exportation devrait rapporter 60 milliards de dollars à l’Iran pour l’année 2006/2007.
L’excédent de revenus provenant des exportations de brut est placé dans un Fonds de stabilisation pétrolier dont l’utilisation est théoriquement restreinte au soutien du secteur privé ou à celui de l’économie en cas de chute des cours.
Mais le gouvernement précédent, comme l’actuel, n’a pu s’empêcher d’y piocher pour d’autres dépenses, notamment les achats d’essence.
Quatrième producteur de pétrole dans le monde, l’Iran est aussi l’un des plus gros importateurs d’essence, faute de capacité de raffinage suffisante pour répondre à une demande qui augmente de 10 % par an.
Le pays importe 40 % de ses besoins en essence, ce qui lui a déjà coûté 2,5 milliards de dollars pour le premier semestre de cette année, et subventionne sa vente pour un coût annuel de 10,8 milliards de dollars.
« Visiblement, ce serait une faveur si quelqu’un bloquait les importations de pétrole », remarque M. Laylaz sur un ton ironique.
Enfin, faute d’investissements, et avec un contrôle de l’État proche de 80 % sur l’économie, celle-ci peine à fournir du travail à la jeunesse. Le taux de chômage est officiellement au-dessus de 11 % et à 21 % pour les jeunes. Mais comme ceux de l’inflation, ils sont considérés sous-évalués par les experts indépendants.
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L’économie iranienne, très dépendante de sa production de pétrole, subit des sanctions économiques américaines depuis la révolution islamique de 1979.
« Elles créent des problèmes, mais l’Iran a appris à les contourner, particulièrement avec l’aide de pays tiers », assure le président de la compagnie de conseil Atieh Group, Bijan Khajehpour.
« Le seul impact (de nouvelles sanctions) sera une hausse du coût de certaines importations », dit-il.
Si Téhéran ne suspend pas son enrichissement d’uranium, le Conseil de sécurité devrait initialement adopter des...