Rechercher
Rechercher

Actualités - Opinion

Comment mettre fin aux guerres « inachevées » d’Israël ?

Dans l’histoire d’Israël, il y a deux genres de guerres, celles qui se sont achevées par des accords de paix et celles que l’État hébreu ne parvient pas à finir, souligne un diplomate occidental. Avec l’Égypte, la Jordanie et, jusqu’à un certain degré, la Syrie, Israël est parvenu à une situation de stabilité durable. Certes, l’accord de désengagement sur le Golan n’est pas un accord de paix, comme l’accord de Camp David ou de Wadi Araba, il ne s’agit pas moins d’un modus vivendi qui a instauré un calme parfait sur le plateau du Golan annexé. Par contre, avec les Palestiniens comme avec le Liban, Israël ne parvient pas à finir sa guerre. Ni les accords d’Oslo ni l’accord d’armistice de 1949 n’ont pu assurer la paix pour Israël. Violé par Israël, avant d’être dénoncé par les radicaux palestiniens, l’accord d’Oslo a fini par être enterré. L’accord d’armistice, pour sa part, a été considéré par Israël comme violé et rendu caduc par les accords du Caire de 1969 qui ont autorisé les attaques palestiniennes contre Israël à partir du Liban. L’accord d’avril 1996 a mis les civils à l’abri, mais n’a pas mis fin aux hostilités. Avec le retrait israélien du Liban en mai 2000, une chance de faire évoluer la situation s’est présentée, mais le cas de Chebaa a empêché cette évolution de se faire. Ce qui nous conduit à la guerre de juillet 2006. Il est aujourd’hui question de profiter des hostilités qui se sont conclues sur la résolution 1701 pour engager des négociations multilatérales. Même le président syrien Bachar el-Assad y a fait allusion, dans un entretien accordé à la télévision de Dubaï. Selon le diplomate occidental cité plus haut, cette dynamique est encouragée par le fait que tout le monde est fatigué de la guerre et persuadé que la crise du Moyen-Orient ne saurait être réglée par la force, et qu’un règlement politique est seul garant d’une paix juste, globale et durable. Vers une conférence de paix Mais la question qui se pose est la suivante : va-t-on vers la conclusion de paix séparées, ou bien vers une seule et même négociation comprenant les Palestiniens, les Syriens et les Libanais ? Selon la source diplomatique citée, c’est à une conférence de paix globale, façon Madrid, que la plupart des protagonistes songent, encore que le volet palestinien, le plus complexe, pourrait être traité séparément et prendre plus de temps. En tout état de cause, ajoute-t-on, le principe de la concomitance des deux volets syrien et libanais des pourparlers de paix sera respecté, d’une part en raison de l’irréductibilité de la position syrienne à ce sujet, d’autre part en raison du principe maintes fois affirmé par Beyrouth selon lequel le Liban « sera le dernier pays arabe à conclure la paix avec Israël ». Pour sa part, Walid Joumblatt a proposé que l’Égypte, l’Arabie saoudite, la Jordanie, les États du Golfe et les États-Unis soient « placés face à leurs responsabilités » et relancent une conférence de paix sur la base des principes dégagés lors du sommet arabe de 2002 à Beyrouth. Pour le chef du PSP, c’est « ça ou l’inconnu, voire le chaos ». Dans un éditorial plaidant pour une diplomatie plus « agressive », Ghassan Tuéni propose de son côté que la crise régionale soit soumise au Conseil de sécurité, faute de quoi les Arabes s’accorderaient le droit d’user de « l’arme du pétrole » pour défendre leurs droits, voire leur sécurité et jusqu’à leur existence, en « modifiant les règles du jeu économiques ». Une telle initiative a eu un précédent, dans les années 70, quand les prix du pétrole avaient été libérés. La pression avait été efficace et l’expérience concluante. Reste à savoir ce que pense Israël de tout ça. Une levée de boucliers s’est produite en Israël à la nouvelle qu’un groupe de travail avait été formé par le ministère des Affaires étrangères pour réfléchir sur les conditions d’une paix avec la Syrie, l’idée d’une restitution du Golan n’étant pas exclue par certains membres du gouvernement d’Ehud Olmert. L’extrême droite israélienne a crié au scandale, estimant qu’il s’agit là de « soldes de fin de saison » déplacés, à l’heure où le président syrien Bachar el-Assad adresse des menaces à Israël et considérant que le Golan constitue un atout stratégique auquel Israël ne doit pas renoncer, fût-ce en échange de la paix. Pourtant, en Israël, certains souhaitent mettre fin à la situation de « ni guerre ni paix » avec la Syrie. Pour ce camp, c’est soit l’ouverture de négociations avec la Syrie et le Liban, avec pour enjeu le Golan, Chebaa et l’éloignement de la menace iranienne des frontières d’Israël, soit une guerre préventive contre la Syrie. Émile KHOURY
Dans l’histoire d’Israël, il y a deux genres de guerres, celles qui se sont achevées par des accords de paix et celles que l’État hébreu ne parvient pas à finir, souligne un diplomate occidental.
Avec l’Égypte, la Jordanie et, jusqu’à un certain degré, la Syrie, Israël est parvenu à une situation de stabilité durable. Certes, l’accord de désengagement sur le Golan n’est pas un accord de paix, comme l’accord de Camp David ou de Wadi Araba, il ne s’agit pas moins d’un modus vivendi qui a instauré un calme parfait sur le plateau du Golan annexé.
Par contre, avec les Palestiniens comme avec le Liban, Israël ne parvient pas à finir sa guerre. Ni les accords d’Oslo ni l’accord d’armistice de 1949 n’ont pu assurer la paix pour Israël. Violé par Israël, avant d’être dénoncé par les radicaux...