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Actualités - Opinion

Faire fructifier le don de la paix

Comment faire fructifier le don de la paix reçue ? C’est par cette question qu’il faudra commencer, si l’on veut briser le cycle de la violence. Par quel bout tenir l’histoire qui se déroule, pour en inverser le cours et déclencher la spirale vertueuse. Il y a beaucoup de ruse, ces temps-ci, mais y a-t-il de la sagesse ? Parmi nos visiteurs, certains ne sont là que pour vérifier leurs calculs. Peu se mettent au service de cette grâce qui nous a été faite. Faire fructifier le don de la paix, politiquement, économiquement, socialement, humainement, spirituellement. Empêcher la mèche fumante d’être soufflée par les vents contraires. Vents d’Orient et d’Occident. Faire fructifier humainement cette paix. Cesser de grandir en vase clos. À une jeune fille qui avait trébuché, ce milicien n’a pas tendu sa main, mais son T-shirt. Peur de l’impureté rituelle qui nous tient à distance les uns des autres. Cesser de grandir en vase clos, chacun dans sa culture, dans son quartier, dans son ghetto. Parler de Jésus, de Moïse, de Mohammad, se connaître les uns les autres. Faire fructifier économiquement cette paix par le développement équilibré des régions, contre cet égoïsme à l’échelle nationale qu’on présente comme une nécessité. Quelle éclatante leçon ! Mais ce serait trop demander, n’est-ce pas, de voir Nagib Mikati construire le pont sur l’Awali et Saad Hariri le pont de Madfoun ? Le clientélisme nous étouffe. Faire fructifier le don de la paix. Arrêter le détournement des aides et leur exploitation économique ou politique. Faire fructifier politiquement cette paix. Quoi, ne plus avoir le droit de pleurer son pays détruit, parce qu’il faut chanter victoire ? Assister passivement à l’installation d’un nouveau demi-dieu dans le Panthéon de nos infaillibles hommes politiques ? Alors, comme ça, personne ne se trompe au Liban, personne ne fait son autocritique, personne ne demande pardon ? Ne pourrait-on se faire mal autrement que par la même malédiction ? Autrement qu’en détruisant en prétendant bâtir ? Faire fructifier sur tous les plans cette paix. De si grandes choses nous attendent et nous voilà bloqués dans nos petitesses. Où sont donc les fruits de la convivialité ? Est-ce ça le Liban ? Ces quelques jours d’animation assurés dans les centre d’hébergement des déplacés. Ne faut-il pas trouver un second souffle à cet élan de solidarité, aller plus loin ? Cette guerre a fondu sur nous sans prévenir, « comme les douleurs sur la femme enceinte ». Quand on dira « paix et sécurité », c’est alors que les douleurs fondront sur vous, avertit l’Évangile. Qu’est-ce à dire, sinon que la paix durable repose non sur la force, mais sur la justice. Voilà les paix qui durent, les société justes où les hommes peuvent se donner sans compter, sans craindre les surprises de l’histoire. Fady NOUN
Comment faire fructifier le don de la paix reçue ? C’est par cette question qu’il faudra commencer, si l’on veut briser le cycle de la violence. Par quel bout tenir l’histoire qui se déroule, pour en inverser le cours et déclencher la spirale vertueuse.
Il y a beaucoup de ruse, ces temps-ci, mais y a-t-il de la sagesse ? Parmi nos visiteurs, certains ne sont là que pour vérifier leurs calculs. Peu se mettent au service de cette grâce qui nous a été faite.
Faire fructifier le don de la paix, politiquement, économiquement, socialement, humainement, spirituellement. Empêcher la mèche fumante d’être soufflée par les vents contraires. Vents d’Orient et d’Occident.
Faire fructifier humainement cette paix. Cesser de grandir en vase clos. À une jeune fille qui avait trébuché, ce milicien n’a pas tendu sa main,...