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Actualités - Opinions

L’agression israélienne et ses retombées

Le Liban ressuscitera À quoi servent les armes si ce n’est pour détruire, tuer et semer le désastre ? J’en veux à ces trafiquants qui vénèrent l’argent et le pouvoir. Je suis déçue par ces soi-disant dirigeants, pourtant adultes, qui agissent comme ils le font. Jusqu’à quand doit-on subir les conséquences de leurs erreurs impardonnables ? Je ne peux rester indifférente quand mon pays est détruit ! N’est-il pas temps de dire oui à la paix ? Nous, qui sommes des êtres civilisés, ne méritons-nous pas de nous sentir en sécurité ? Que Dieu garde notre beau Liban et que son destin demeure entre ses seules mains. Anita DADOURIAN Gueule de bois Lundi 14 août 2006, je me lève comme d’habitude. Plus vraiment. Le cessez-le-feu est entré en action depuis 8h du matin. J’ai la gueule de bois après plus d’un mois d’ivresse. La réalité me saute aux yeux. Qu’est-ce qui a bien pu se passer et pourquoi ? Pourquoi tant de destruction ? Et pour quel résultat ? Bien sûr, je me dois de féliciter la diplomatie et M. Siniora pour avoir travaillé d’arrache-pied afin de faire cesser les combats (définitivement, je l’espère). Malgré cela, mes questions restent sans réponses. Un État, comme beaucoup de mes compatriotes qui ont participé à la manifestation du 14 mars dernier le souhaitent, verra-t-il le jour de ce champ de batailles et de ruines ? Je continue de l’espérer, mais là encore, j’ai des doutes. Il est facile d’accuser le gouvernement et de le rendre responsable de sa mauvaise gestion de la crise sur le point humanitaire. Mais la responsabilité incombe avant tout au peuple libanais. Certes, on peut se féliciter de son unité face au désespoir des déplacés, mais quand on réalise que derrière cette solidarité, chaque parti a voulu marquer ses positions politiques, je me sens amer. Et quand on remarque l’absence des fonctionnaires des différents ministères, supposés être en surnombre, et leur indifférence face à cette crise par laquelle on est passé, on se demande comment on va construire cet État. L’heure des grandes questions est arrivée. La langue de bois doit être bannie. Il est temps que chacun se retrouve face à ses responsabilités, non seulement pour expliquer les raisons de cette guerre sans nom, mais aussi pour expliquer les raisons qui nous y ont amenés. Des mesures drastiques doivent être prises pour régler tous ces problèmes, et ce serait complètement inutile de reconstruire ce pays et de demander aux investisseurs de revenir tant que ces problèmes resteront. Messieurs les politiques, je vous demande solennellement de devenir des hommes d’État comme l’a été M. Siniora. Oubliez vos querelles personnelles d’antan. Devenez responsables. Et si vous n’en êtes pas capables, partez. En attendant, après avoir passé un mois a remplir mon rôle de citoyen activiste et à aider les déplacés dans le cadre d’un regroupement d’ONG de la société civile, je m’envole le cœur serré, mais je pars. Edmond RABBATH Le complexe des ponts Depuis l’opération « Litani » en 1978 suivie de « Pluies d’été » le mois dernier, les opérations et attaques israéliennes n’ont qu’un seul but : s’approprier les réserves en eau du Liban. Cette fixation hydrique qui se traduit par la volonté d’isoler en petits cantons notre petit pays à chaque attaque et à détruire tous ses ponts aurait sans doute aiguisé la curiosité de Freud, lequel lui aurait donné un nom : le complexe des ponts. Depuis sa fondation, l’État d’Israël n’est jamais parvenu à se réconcilier avec lui-même, encore moins avec autrui. Tout le monde se rappelle encore d’Édith Stein, devenue Thérèse d’Avila, juive qui embrassa la foi catholique et devint carmélite en 1934, avant de s’offrir, en août 1942, en sacrifice dans une chambre à gaz du camp d’Auschwitz. Et quand le pape Jean-Paul II voulut la canoniser en octobre 1998, de nombreuses voix s’élevèrent en Israël pour protester contre cette canonisation. Le Saint-Père ne se laissa pas intimider et dans son homélie, il déclara « Consciente de ce que comportait son origine juive, Édith Stein avait à ce propos des mots éloquents : “Sous la croix, j’ai compris le sort du peuple de Dieu”. » Nazira A. SABBAGHA Un si proche Orient Septembre 1994. Devant nos yeux, mal remis d’une traversée dans les soutes d’un ferry de luxe, le port de Beyrouth. Le rêve devient réalité. Dans la ville détruite qui entame sa reconstruction, Hamra nous accueille à bras ouverts. Journalistes français, oui. Mais juste venus pour apprendre à connaître des visages, des odeurs, des images, des sons. Pour découvrir, voir, écouter. Beyrouth se relève. Beyrouth et ses immeubles éventrés où vivent des familles entières. Beyrouth et ses habitants qui ont gardé l’habitude de courir dans les rues, sa jeunesse qui profite de la vie retrouvée, ses anciens qui reprennent leurs conversations, le temps d’un café sur un trottoir. Beyrouth, sa circulation infernale et ses taxis. Beyrouth et ses quartiers. Beyrouth et sa ligne verte. Un monde à part chargé à la fois d’une douce violence et d’un fol espoir de paix. Hamra, Achrafieh ou les quartiers sud, la même envie de vivre à fond. Jounieh, Baalbeck, Tyr, Saïda, toujours la même renaissance. Un sourire, une explication, et les check-points du Hezbollah laissent passer. Quatorze ans plus tard, le pays, à nouveau debout, redevient victime. Victime d’une guerre qui ne veut pas dire son nom. Victime d’un gouvernement israélien qui se plaît à voir des terroristes partout. Victime d’un gouvernement israélien qui se drape sans vergogne dans le souvenir de la Shoah pour mener des actions hégémoniques. Victime d’un gouvernement israélien à qui personne n’ose rien dire sous peine de se voir qualifié d’antisémite. Victime d’un gouvernement israélien qui ne rêve que du Grand Israël. L’enlèvement de deux soldats par le Hezbollah ne justifie pas une telle riposte. Liban ou Palestine, l’Occident affiche sa timidité et n’ose s’opposer au bras armé d’Israël. Un pays de terre promise qui oublie que chaque homme, chaque femme, quelles que soit sa nationalité, sa confession, son appartenance, a droit à une terre promise. Une terre de paix. Béatrice GRIESINGER Des précédents À sayyed Hassan Nasrallah, dont j’apprécie le courage et le verbe, convaincu de son intelligence et sa capacité à gérer ses troupes, je voudrais dire, car très étonné, abasourdi, je l’avoue, à la lecture de sa déclaration de l’autre jour : «... La capture de deux soldats israéliens ne justifie en rien les massacres perpétrés par Israël, ni la destruction de l’infrastructure et encore moins le rasage complet de localités. » Comment pouvez-vous croire qu’Israël (sayyed Hassan, nous parlons d’Israël, pas de Siniora, Berry, des forces du 14 Mars ou de Joumblatt, ces gentils orateurs… soucieux du Liban…), donc Israël, qui attendait le moindre geste pour vous détruire,vous annihiler, nous mettre à genoux tous, n’allait pas réagir avec cette haine et cette férocité que nous tous lui connaissons ? 1982, ce n’était pas il y a quelques siècles, tout le monde s’en rappelle, et de Gaza, etc.). Que Dieu vous pardonne. Le Liban ne peut faire autrement. François ALLAM Adieu, Mikhaël Hier, tu nous quittais pour rejoindre tes 12 frères. Tu nous quittais parce que tu voulais vivre ton engagement jusqu’à l’ultime fin… Au-delà du devoir, nous disait-on ? Tu l’as bien vécu. Ton départ héroïque, cher frère, nous laisse aujourd’hui consternés. Continuer pour qui, pour quoi ? Pour mettre nos vies en danger, pour endeuiller nos familles encore plus, pour ce pays qui ne sait plus comment renaître ? Assurer nos permanences pour qui ? Pour ce peuple qui déprime ? Pour ces orphelins, ces veuves démunies ? Samedi, au lendemain de ton départ, au moment de la minute de silence que tous les secouristes du Liban ont observée en ta mémoire à 18h (heure symbolique du début des permanences de nuit), l’esprit n’y était plus. Les larmes au bout des yeux, la haine dans le cœur, la tristesse dans nos esprits, bref pour quelques-uns, c’était la fin d’une vocation. Fallait-il s’y résigner ? Tu l’aurais voulu autrement. Quelques secondes ont suffi aux 2400 secouristes pour se rappeler de ta leçon. Plus loin que le devoir. Et voilà que les ambulances se mettent en marche tous feux allumés, sirènes retentissantes, brandissant fièrement leurs étendards bien éclairés, quelque part pour toi. Pour que tu sois fier autant que nous le sommes de cette association. «L’expérience qui ne tue pas fortifie. » Mikhaël, l’expérience qui tue… glorifie. Adieu. Et pour la dernière fois, au nom de tous tes frères, au-delà du devoir. Ton frère Un secouriste anonyme H. A.
Le Liban ressuscitera

À quoi servent les armes si ce n’est pour détruire, tuer et semer le désastre ? J’en veux à ces trafiquants qui vénèrent l’argent et le pouvoir. Je suis déçue par ces soi-disant dirigeants, pourtant adultes, qui agissent comme ils le font. Jusqu’à quand doit-on subir les conséquences de leurs erreurs impardonnables ? Je ne peux rester indifférente quand mon pays est détruit ! N’est-il pas temps de dire oui à la paix ? Nous, qui sommes des êtres civilisés, ne méritons-nous pas de nous sentir en sécurité ? Que Dieu garde notre beau Liban et que son destin demeure entre ses seules mains.

Anita DADOURIAN

Gueule de bois

Lundi 14 août 2006, je me lève comme d’habitude. Plus vraiment. Le cessez-le-feu est entré en action depuis 8h du matin. J’ai la gueule de bois après plus...