Analyse
Les bailleurs de fonds veulent marginaliser le Hezbollah
le 27 juillet 2006 à 00h00
Des pays arabes et occidentaux ont décidé de prendre les devants pour financer les reconstructions au Liban dans l’espoir d’affaiblir le Hezbollah et de renforcer le gouvernement de Fouad Siniora.
« Les pays pétroliers du Golfe et les puissances occidentales veulent renforcer M. Siniora et les forces politiques libanaises opposés à la stratégie du Hezbollah », estime le politologue Joseph Bahout, chercheur associé à l’Institut des études politiques (IEP) de Paris.
L’Arabie saoudite a annoncé mardi qu’elle avait déposé un milliard de dollars dans les coffres de la Banque du Liban pour renforcer ses réserves et soutenir la livre libanaise.
Le royaume a également décidé d’octroyer une aide de 500 millions de dollars pour la reconstruction du Liban. L’annonce d’aide du royaume wahhabite est intervenue à la veille de la conférence internationale, hier, à Rome sur le Liban.
Cette conférence constitue une concrétisation, sous les bombes, des promesses d’assistance au Liban, faites depuis un an. Mais au lieu de soutenir des réformes économiques, elle a prévu de se pencher sur le chantier de la reconstruction d’un pays « sinistré » par les bombardements israéliens, selon l’expression du Premier ministre.
« Le message des Occidentaux et de l’Arabie saoudite est clair, affirme M. Bahout. Il ne peut pas y avoir de reconstruction si le Liban reste otage du tandem syro-iranien par le biais du Hezbollah. »
Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a promis que les ravages causés par l’offensive israélienne « pourront être réparés grâce à une aide non accompagnée de conditions politiques », dans une allusion à l’Iran, indéfectible soutien du parti chiite.
Le soutien financier promis à M. Siniora, dépourvu de forces sécuritaires pour neutraliser le Hezbollah, son partenaire dans le gouvernement, apparaît comme un moyen pour rogner l’influence du parti de Dieu dans les couches les plus défavorisées au Liban, qui ont depuis longtemps perdu confiance dans la capacité de l’État à les aider.
« L’ampleur de la catastrophe humanitaire dont les chiites sont les principales victimes va remettre en question les jusqu’au-boutistes de cette communauté et renforcer la tendance modérée », assure un homme d’affaires chiite, Mouïn Hamzé.
« Il y a aussi chez les chiites une riche bourgeoisie d’émigrés libanais qui ont largement investi au Liban et qui sont convaincus que le Liban ne pourra pas attirer de nouveau des investissements en l’absence d’une pacification définitive » à la frontière libano-israélienne, ajoute-t-il.
Mais pour nombre d’analystes, la carte économique ne sera pas suffisante pour amener à composer un Hezbollah appuyé par une large majorité de chiites, pour qui ce parti est le seul à même de faire face militairement à Tsahal, l’armée la plus puissante du Moyen-Orient.
Salim YASSINE (AFP)
Des pays arabes et occidentaux ont décidé de prendre les devants pour financer les reconstructions au Liban dans l’espoir d’affaiblir le Hezbollah et de renforcer le gouvernement de Fouad Siniora.
« Les pays pétroliers du Golfe et les puissances occidentales veulent renforcer M. Siniora et les forces politiques libanaises opposés à la stratégie du Hezbollah », estime le politologue Joseph Bahout, chercheur associé à l’Institut des études politiques (IEP) de Paris.
L’Arabie saoudite a annoncé mardi qu’elle avait déposé un milliard de dollars dans les coffres de la Banque du Liban pour renforcer ses réserves et soutenir la livre libanaise.
Le royaume a également décidé d’octroyer une aide de 500 millions de dollars pour la reconstruction du Liban. L’annonce d’aide du royaume wahhabite est intervenue...
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