Marqué par une accalmie en 2005-2006, le marché des entraîneurs de Ligue 1 de football s’est emballé sitôt le championnat terminé, sept clubs de l’élite ayant décidé de changer de techniciens pour l’exercice à venir.
La « sagesse » et les bonnes résolutions des présidents n’auront eu qu’un temps et les vieux réflexes ont vite repris le dessus, entraînant un jeu de chaises musicales dont la profession est depuis longtemps coutumière. Sur les 17 équipes de L1 qui ont assuré leur maintien, neuf seront ainsi dirigées par un nouvel entraîneur.
Rien à voir avec la situation enregistrée la saison dernière quand, pris d’une soudaine « crise » de patience, les dirigeants avaient refusé de sacrifier le bouc émissaire idéal au premier mauvais résultat venu, découvrant les vertus de la stabilité. Conséquence : seulement deux limogeages (Laurent Fournier au Paris SG, Rolland Courbis à Ajaccio) et une démission (Didier Deschamps à Monaco).
« Les clubs et les présidents avaient été plus mesurés et plus sages, constate Pierre Repellini, vice-président délégué de l’Unecatef, le syndicat des entraîneurs. Ils se sont aperçus que neuf fois sur dix cela (le limogeage) ne changeait rien. C’était peut-être le résultat de l’action que l’on avait menée lors de la première journée (2005-2006). »
L’Unecatef avait alors demandé aux membres de l’encadrement des formations de L1 de porter un tee-shirt avec la mention « Unecatef, tous ensemble » afin de demander le respect des techniciens. Une initiative mal acceptée à l’époque par la Ligue de football professionnel (LFP) mais qui témoignait de la mobilisation des entraîneurs pour la défense de leur corporation.
Carte maîtresse
« Il y a maintenant plus d’échanges entre l’Unecatef et l’UCPF (l’Union des clubs de football professionnels) », relève Pierre Repellini.
Les présidents, jaloux de leurs prérogatives, n’ont pourtant pas abandonné la carte maîtresse que constitue le limogeage, soit pour redynamiser un groupe, soit pour mettre fin à une incompatibilité d’humeur avec leur employé. Et la valse des entraîneurs a repris de plus belle.
Auxerre, habitué à vivre durant 44 ans sous l’autorité de Guy Roux, n’a pas mis plus d’une année avant d’abandonner son statut d’atypique du football
français.
La cohabitation entre l’homme au bonnet, propulsé vice-président délégué aux affaires sportives de l’AJA, et son successeur Jacques Santini s’est très vite avérée
intenable.
Le choix s’est donc porté vers Jean Fernandez, personnage plus consensuel, en provenance de Marseille.
Emon en première ligne
Elie Baup, en froid avec les responsables stéphanois, a, lui, préféré devancer l’appel et jeter l’éponge pour prendre les rênes de Toulouse après deux ans passés chez les Verts.
Pour le remplacer, Bernard Caïazzo, le président de Saint-Étienne, a misé sur une vieille connaissance du football français, le Tchèque Ivan Hasek, ancien joueur et entraîneur (entre 2001 et 2003) du RC Strasbourg.
D’autres ont su habilement profiter des départs de leurs supérieurs hiérarchiques pour sortir de l’ombre et de leur statut d’adjoint. C’est le cas d’Albert Emon, passé en première ligne sitôt officialisé le transfert de Fernandez.
Pour Monaco et Sochaux, les nominations de Laszlo Bölöni et d’Alain Perrin répondent à un souci de rachat après une saison décevante. Le Roumain devra stabiliser l’ASM, qui navigue à vue depuis la démission de Didier Deschamps et souhaite prendre un nouveau départ après l’intermède Guidolin. C’est le directeur sportif Pierre Dréossi qui sera chargé d’assurer la succession du Roumain à Rennes.
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