Les cotations sont restées suspendues à la Bourse de Beyrouth hier, pour la quatrième journée consécutive, les courtiers ne semblant guère prêts à reprendre leurs activités pour éviter toute évolution du marché dans un contexte de grosse incertitude. Le Liban a été depuis le 12 juillet la cible d’une grave offensive israélienne dévastatrice qui l’a désorganisé sous plus d’un rapport. Les spécialistes boursiers, qui soutiennent la suspension des cotations, évoquent l’impact négatif qu’avait eu la détérioration de la situation sur la cote la semaine dernière. Et d’ajouter que le manque de visibilité sur la suite de cette offensive, aussi bien sur le plan économique que financier, incite toujours à la fermeture du marché tant qu’on ne peut pas assurer son fonctionnement sans heurt.
Rappelons que la cotation des actions de Solidere est restée également suspendue à la Bourse du Koweït. Mais à la Bourse de Londres, les actions de cette société continuaient à être négociées à 14,50 $ en moyenne, alors qu’elles avaient achevé la semaine dernière à la Bourse de Beyrouth à 17,40 $ contre 22,19 $, juste à la veille de l’offensive israélienne contre le Liban (-21,6 %).
Marché de la livre inchangé
Sur le marché libanais des changes, les opérateurs ont retrouvé hier un peu de sérénité, selon les cambistes de la place, grâce notamment à l’action de la Banque du Liban (BDL) qui s’était déclarée prête au lendemain de l’offensive israélienne à satisfaire les besoins de liquidités du secteur bancaire libanais. Elle a continué ainsi à vendre le dollar aux établissements de crédit au haut de sa fourchette d’intervention, soit à 1 514 LL, permettant à ceux-ci de le revendre pour le compte de leurs clients entre 1 514 et 1 516 LL. Mais il n’en demeure pas moins que chez les changeurs de la place, les billets de banque en dollar, toujours rares, continuaient à être négociés en petits montants entre 1 515,25 LL à l’achat et 1 515,75 LL à la vente, en raison des problèmes d’approvisionnement en devises.
Orientation contrastée des Bourses étrangères
Pour ce qui est des Bourses européennes, elles ont pour la plupart fini en territoire négatif, avec la poursuite de la chasse aux bonnes affaires après quatre séances consécutives de baisse. La publication de bons résultats trimestriels par plusieurs sociétés (Essilor, Infineon, Ingenico, Rémy Cointreau...) a également soutenu la tendance. Les nouvelles commandes d’avions Airbus d’une valeur de plus de 3 milliards $, remportées par EADS au Salon de Farnborough, ont été aussi d’un grand appui à plusieurs autres sociétés.
En revanche, la Bourse de New York a inversé sa tendance hier sur des prises de bénéfices après sa récente envolée de la veille. Les opérateurs ont passé outre à l’annonce d’une hausse de 0,1 % de l’indice composite des principaux indicateurs de l’économie américaine en juin contre une baisse de 0,6 % en mai et se sont mis à engranger les gains que leur procure la forte hausse de la cote la veille. Il en est de même de la diminution de 30 000 personnes du nombre des demandeurs d’allocations chômage aux États-Unis la semaine dernière, qui est passée comme inaperçue, quoiqu’elle témoigne de plusieurs créations d’emplois non agricoles entraînées par la reprise de l’économie. Le marché est resté également insensible aux bons résultats trimestriels publiés par plusieurs sociétés (Motorola, Honeywell, Apple...).
L’euro poursuit sa hausse face au dollar
Sur les marchés internationaux des changes, l’euro progressait toujours hier face à dollar miné par l’hypothèse d’une pause du cycle de resserrement monétaire aux États-Unis après les propos tenus par le président de la Fed, Ben Bernanke, devant les deux Chambres du Congrès. La publication, hier, des minutes de la dernière réunion de la Fed, qui s’est tenue le 29 juin, ne devait apporter aucun appui au billet vert.
Élie KAHWAGI
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