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« Cela rappelle la guerre du Kippour »

Des corps gisent sur les quais du dépôt de la gare de Haïfa. Des mares de sang se répandent sur le sol et entre les rails, rapporte Charles Orians, de l’AFP. « Cela rappelle la guerre du Kippour, quand les Syriens bombardaient le nord d’Israël », commente la radio militaire israélienne. La troisième ville d’Israël a été visée hier par une quinzaine de roquettes du Hezbollah qui essayait de frapper des sites pétrochimiques. Au moins l’une des roquettes est tombée sur le dépôt, tuant huit employés de la compagnie ferroviaire nationale. Cette attaque à la roquette est la plus meurtrière depuis la guerre de Yom Kippour d’octobre 1973, lorsque l’Égypte et la Syrie avaient attaqué Israël par le Sud, dans la péninsule du Sinaï, et par le Nord, en bombardant le plateau du Golan. Dans le dépôt de Haïfa, les vitres des trains ont été soufflées par l’explosion de la roquette, qui a provoqué un trou béant dans le toit. Les secours transportent les corps recouverts de linceuls blancs dans des ambulances. Par terre, des billes d’acier, qui se trouvaient à l’intérieur de la roquette, se mêlent au sang. « Quand nous sommes arrivés, nous avons vu de nombreux corps gisant partout dans de grandes mares de sang à l’intérieur du dépôt de trains, où toutes les victimes sont des employés de la compagnie nationale ferroviaire », indique Shimon Romach, un responsable des pompiers. Alors que les secours s’affairent, que les journalistes affluent autour du cordon de sécurité établi par la police, la sirène d’alerte retentit. « Abritez-vous », crient des soldats. Avant que tout le monde ne s’abrite, deux fortes explosions retentissent tout près. Haïfa tourne au ralenti. Sur les télévisions des magasins ouverts, les secours répètent les consignes de sécurité : « Lorsque vous entendez la sirène, vous avez une minute pour descendre aux abris », dit le général Yitzhak Gershon, commandant de la défense passive. « Il faut descendre dans les étages les plus bas, dans des endroits sans fenêtres, souterrains, ne plus sortir des maisons, dans la rue, et se coucher par terre lorsqu’on entend une roquette tomber », ajoute-t-il. Tout près du dépôt, Hanna Samarah, 27 ans, un Arabe chrétien, était dans le garage où il travaille quand l’attaque s’est produite. « La sirène a retenti. J’ai tout arrêté et je suis allé me réfugier dans l’abri quand la roquette est tombée. C’est horrible, effrayant », raconte le jeune homme. « En septembre, je vais déménager aux États-Unis, j’ai la nationalité américaine. Nous sommes vulnérables, car je sais qu’ils visent cette zone », où se trouvent les industries chimiques et pétrochimiques, ajoute-t-il. Avec le nombre de victimes israéliennes qui augmentent, douze depuis mercredi, la colère de la population croît aussi. « C’est pire que Saddam pendant la guerre du Golfe (en 1991). Israël devrait aller tuer tout le monde au Liban. Je suis désolé de dire cela, mais c’est la vérité », s’emporte Ranan Batsheva, attendant dans un arrêt de bus. Un homme près de lui l’interrompt : « Non, pas tout le monde, juste le Hezbollah. » « Non, tout le monde. Si nous ne sommes pas en sécurité, eux non plus ne doivent pas être en sécurité », reprend Ranan. Dans son kiosque à journaux, Shimon, 28 ans, est prêt à rejoindre l’armée. « Si l’armée m’appelle, je suis prêt à aller me battre au Liban. » Mais, ajoute-t-il, « les civils ne devraient pas être visés comme ils l’ont été. Cela doit être armée contre une autre ».
Des corps gisent sur les quais du dépôt de la gare de Haïfa. Des mares de sang se répandent sur le sol et entre les rails, rapporte Charles Orians, de l’AFP. « Cela rappelle la guerre du Kippour, quand les Syriens bombardaient le nord d’Israël », commente la radio militaire israélienne.
La troisième ville d’Israël a été visée hier par une quinzaine de roquettes du Hezbollah qui essayait de frapper des sites pétrochimiques. Au moins l’une des roquettes est tombée sur le dépôt, tuant huit employés de la compagnie ferroviaire nationale.
Cette attaque à la roquette est la plus meurtrière depuis la guerre de Yom Kippour d’octobre 1973, lorsque l’Égypte et la Syrie avaient attaqué Israël par le Sud, dans la péninsule du Sinaï, et par le Nord, en bombardant le plateau du Golan.
Dans le dépôt de Haïfa,...