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Actualités - Analyse

Éclairage L’offensive israélienne vise bien plus qu’à sauver le caporal Shalit

Lancée officiellement pour ramener sain et sauf un soldat enlevé, l’offensive israélienne a des ambitions plus vastes dont témoigne l’ampleur des moyens mis en œuvre. Les plus hauts responsables israéliens sont d’ailleurs les premiers à le reconnaître : à court terme, il s’agit de réduire les tirs de roquettes contre le sud d’Israël, sachant qu’il est impossible de les stopper complètement par une action militaire. « Nous maintiendrons la pression jusqu’à ce que le soldat Gilad Shalit soit libéré, cela sans céder au chantage et jusqu’à ce que les tirs de roquettes cessent », a réaffirmé à ce propos dimanche le ministre de la Justice Haïm Ramon. Mais il s’agit aussi bien de rétablir le pouvoir de dissuasion de l’armée israélienne et de frapper le Hamas parvenu au pouvoir par des élections du 25 janvier, que le gouvernement israélien avait permises et dont il regrette le résultat. « En fait, c’est tout le plan du Premier ministre Ehud Olmert de tracer unilatéralement les frontières d’Israël sans accord avec les Palestiniens qui est en cause », estime le politologue Daniel Bensimon. « La poursuite des attaques palestiniennes à partir de la bande de Gaza persuade les Israéliens qu’il en sera de même à partir des zones de Cisjordanie qui seraient évacuées en vertu du plan Olmert de “regroupement” », estime-t-il. « Dans ce contexte, le plan perd toute légitimité. L’opinion publique a l’impression d’avoir été flouée par les Palestiniens après qu’Israël se fut retiré jusqu’au dernier centimètre de la bande de Gaza en septembre dernier », souligne-t-il. Menachem Klein, professeur de sciences politiques à l’Université de Bar Ilan, estime également qu’« Olmert espère que l’attaque dans la bande de Gaza va aussi permettre de faire avancer son plan en Cisjordanie ». « L’idée est de débarrasser la bande de Gaza du gouvernement du Hamas. Cela aidera Olmert à vendre son idée d’un prochain redéploiement et une évacuation de colonies en Cisjordanie », explique-t-il. Pour le chercheur Yossi Alpher, une opération israélienne dans la bande de Gaza devenait inéluctable du moment que l’armée ne parvenait pas à stopper la pluie des roquettes artisanales. « La capture du soldat il y a une semaine, et la mort de deux autres lors d’une attaque palestinienne, a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase d’autant qu’elle a été ressentie comme un camouflet par l’armée », estime-t-il. Il relève par ailleurs que « toute une partie de l’appareil militaire demande depuis les élections législatives du 25 janvier d’éliminer le Hamas, avant qu’il ne se renforce, compte tenu de sa volonté de détruire à plus ou moins long terme Israël et de son soutien au terrorisme ». L’arrestation de 64 responsables politiques du Hamas en Cisjordanie jeudi s’inscrit, selon lui, dans cette logique, bien qu’elle ait d’abord pour but « d’obtenir une monnaie d’échange en dépit des dénégations officielles ». Ces responsables doivent être traduits devant des tribunaux militaires alors que le Premier ministre Ehud Olmert menace de mettre sous les verrous d’autres responsables politiques dans la bande de Gaza. Concernant les exigences des activistes palestiniens pour la libération du soldat israélien, catégoriquement rejetées par Israël, M. Alpher, lui-même ancien responsable du Mossad, le service secret israélien, souligne que ces positions ne doivent pas être prises à la lettre. « Après chaque enlèvement, Israël a annoncé qu’il ne céderait pas, pour finir dans certains cas par payer le prix fort après une période plus ou moins longue, ce que l’opinion d’ailleurs comprend parfaitement », ajoute-t-il. Marius SCHATTNER (AFP)

Lancée officiellement pour ramener sain et sauf un soldat enlevé, l’offensive israélienne a des ambitions plus vastes dont témoigne l’ampleur des moyens mis en œuvre.
Les plus hauts responsables israéliens sont d’ailleurs les premiers à le reconnaître : à court terme, il s’agit de réduire les tirs de roquettes contre le sud d’Israël, sachant qu’il est impossible de les stopper complètement par une action militaire. « Nous maintiendrons la pression jusqu’à ce que le soldat Gilad Shalit soit libéré, cela sans céder au chantage et jusqu’à ce que les tirs de roquettes cessent », a réaffirmé à ce propos dimanche le ministre de la Justice Haïm Ramon.
Mais il s’agit aussi bien de rétablir le pouvoir de dissuasion de l’armée israélienne et de frapper le Hamas parvenu au pouvoir par des élections...