Mieux qu’un homme politique vociférant dans un meeting ou vendant sa sauce sur un plateau télé, il y a encore l’homme politique paradant et jouant les fanfarons dans un grand mariage. Incroyable, cette façon qu’ont certains parents à vouloir absolument orner un gâteau de noces par un gâteux de basse fosse.
Faut voir la foultitude de convives s’exciter à la vue de l’ahuri : rien que du beau linge, une liste d’invités pompée sur l’Association des banques et la Chambre de commerce et d’industrie, des fortunes sur lesquelles le soleil ne se couche jamais… Normal, le cuistre ne fait ses relations publiques que dans les pince-fesses des riches.
De toute façon, il a déjà préparé son numéro. Mais juste au moment où il s’apprête à dévoiler les confidences que Serge Brammertz lui a personnellement susurrées à l’oreille, voilà que déboulent les animatrices : maquillées comme un camion 4x4 neuf, faux cils en suspension, fausses dents rutilantes, la crinière ébouriffée par le coiffeur de l’agence de com. Certaines sont même sapées de paillettes clignotantes et enduites de leurs peintures de guerre par-dessus un superbe collier kitsch dégoulinant de toc. Pourquoi faire élégant quand on peut faire épais ?
Alors que notre ami commence à ouvrir la bouche pour raconter dans le détail la dernière conversation secrète entre Nasser Kandil et Adriana Karembeu, débarque brusquement la concurrence. Le nouveau venu, lui, est dans le genre haute pointure, toujours précédé de quatre blindés remplis à ras bord de surprises couleur treillis… Peut-être redoutait-il un attentat-suicide de la Brigade des martyrs pro-Siniora, une action des commandos aounistes, ou un Wi’am Wahhab transformé en bombe humaine.
Comme par un coup de baguette magique, la horde des pique-assiettes délaisse le premier quinquin pour s’agglutiner autour du second. Comme quoi, les mouches peuvent changer d’âne à tout instant.
Moralité : dans les sociétés éduquées, les stars sont souvent des écrivains, des musiciens, des comédiens, des bâtisseurs, parfois même des philosophes ou des chercheurs. Faut-il qu’au Liban, le mental soit à ce point déstructuré pour que les gens ne songent à retenir et idolâtrer que les vieilles rognures de la politique !
En Chine, il y avait jadis l’empire du milieu. Chez nous, visiblement, c’est le milieu qui empire.
Gaby NASR
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Mieux qu’un homme politique vociférant dans un meeting ou vendant sa sauce sur un plateau télé, il y a encore l’homme politique paradant et jouant les fanfarons dans un grand mariage. Incroyable, cette façon qu’ont certains parents à vouloir absolument orner un gâteau de noces par un gâteux de basse fosse.
Faut voir la foultitude de convives s’exciter à la vue de l’ahuri : rien que du beau linge, une liste d’invités pompée sur l’Association des banques et la Chambre de commerce et d’industrie, des fortunes sur lesquelles le soleil ne se couche jamais… Normal, le cuistre ne fait ses relations publiques que dans les pince-fesses des riches.
De toute façon, il a déjà préparé son numéro. Mais juste au moment où il s’apprête à dévoiler les confidences que Serge Brammertz lui a personnellement...