Si les États-Unis et leurs plus proches alliés ont estimé qu’un rude coup avait été porté à el-Qaëda avec la mort d’Abou Moussab al-Zarqaoui, ils ne se faisaient guère d’illusions sur la poursuite des violences en Irak.
« L’idéologie de la terreur a perdu un de ses chefs les plus visibles et les plus actifs. La mort de Zarqaoui est un coup dur porté à el-Qaëda. C’est une victoire dans la guerre mondiale contre le terrorisme et le nouveau gouvernement irakien a une occasion de renverser le cours de ce combat » contre le terrorisme, a ainsi réagi George W. Bush. Le président américain a cependant prévenu qu’il fallait « s’attendre à ce que les terroristes et les insurgés continuent sans » le chef en Irak d’el-Qaëda. « Nous pouvons nous attendre à ce que la violence confessionnelle continue », a-t-il insisté.
Le porte-parole de la Maison-Blanche, Tony Snow, a souligné que la mort de Zarqaoui n’aurait pas d’incidence immédiate sur le nombre de soldats américains déployés en Irak. Il a aussi mis en garde contre « une tentative de la part des terroristes » de commettre « dans les prochains jours des actes de violence spectaculaires ».
Pour le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, la mort du chef d’el-Qaëda en Irak représente une « victoire significative dans la bataille contre le terrorisme ». Mais la mort de Zarqaoui « ne signifiera pas la fin des violences dans ce pays », a-t-il cependant ajouté.
Le Premier ministre britannique Tony Blair, un des principaux appuis des États-Unis en Irak, a fait une analyse très similaire de l’événement, jugeant que le décès de Zarqaoui « représente un coup pour el-Qaëda en Irak et donc un coup pour el-Qaëda partout ». Mais, a-t-il mis en garde, « ne nous faisons pas d’illusions. Nous savons qu’ils continueront à tuer, qu’il y a beaucoup d’obstacles à surmonter ».
Pour le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, « c’est un soulagement qu’un homme aussi abominable et dangereux... ne puisse plus sévir », mais sa mort ne signifiera pas « la fin de la violence ».
« Un grand coup pour el-Qaëda », a estimé, pour sa part, le haut représentant de l’Union européenne pour la Politique extérieure, Javier Solana. Mais la mort de Zarqaoui ne « va pas régler d’un coup tous les problèmes de l’Irak ».
Le Premier ministre australien John Howard, fervent partisan de la politique américaine en Irak, a, lui, parlé d’« un formidable coup de tonus pour les forces antiterroristes en Irak ».
« C’est un coup sévère porté au terrorisme et un immense succès dans la guerre internationale contre le terrorisme », n’a pas hésité à clamer le président afghan Hamid Karzai, tandis que le Premier ministre japonais Junichiro Koizumi s’est félicité de ce « pas en avant » dans le domaine de la sécurité en Irak.
« C’est évidemment une grande défaite pour el-Qaëda », a reconnu, pour sa part, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Il faut continuer la lutte contre le terrorisme, a toutefois tempéré le chancelier autrichien Wolfgang Schüssel, dont le pays préside jusqu’au 30 juin l’Union européenne.
D’autres pays et organisations internationales ont réagi plus sobrement, comme la France, qui espère « une diminution de la violence en Irak ».
Côté arabe, seule la Jordanie a réagi sur la mort du leader terroriste.
La mort de Zarqaoui a par ailleurs suscité sur des sites Internet un torrent de commentaires dithyrambiques et vengeurs de nombreux islamistes affirmant à l’envi, en vers comme en prose, que « mille Zarqaoui apparaîtront » pour poursuivre le « jihad ».
Quant au porte-parole de l’OTAN, James Appathurai, il s’est borné à un laconique : « Je pense qu’on peut dire sans risque qu’il (Zarqaoui) ne sera pas regretté. »
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