Par Ecyne KREIDY *
L’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail définit le stress comme un état qui survient lorsqu’il y a déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes que lui impose son environnement et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face. Le stress peut apparaître de manière ponctuelle ou durable, et dans diverses situations professionnelles, personnelles, sportives... Le stress, et plus particulièrement ses conséquences en entreprise, a suscité un vif intérêt chez les chercheurs au cours des deux dernières décennies, ce qui montre qu’il constitue une grande préoccupation du monde professionnel.
Entre une charge de travail élevée, un rythme de vie exténuant, des incertitudes socio-économiques et des perspectives professionnelles précaires sur un marché de l’emploi tendu, le stress est aujourd’hui omniprésent dans la vie professionnelle, surtout chez les cadres. Outre le rythme de travail épuisant, le manque de transparence en entreprise, les faibles marges de manœuvres individuelles ou encore l’incompréhension du travail de l’autre, il y a aussi tout simplement des gens qui ne s’apprécient pas toujours entre eux. Ses causes peuvent être multiples, mais le stress est considéré, dans tous les cas, comme le grand responsable de la dégradation de l’ambiance dans les entreprises.
Quels en sont les indicateurs et comment contrôler le niveau de stress ? Les déséquilibres se manifestent à trois niveaux :
1) celui de l’entreprise où se remarquent absentéisme, turnover, tension au sein des collectifs de travail et avec l’encadrement ;
2) celui de la réalisation du travail, où se font sentir des problèmes liés à la productivité, à la qualité des produits ou prestations, à la gestion des délais ;
3) celui des individus qui ressentent des troubles du sommeil ou se réfugient dans la consommation de médicaments.
Aux yeux de certaines personnes, avouer que l’on est stressé, c’est souvent avouer une faiblesse. Mais être conscient de son stress, c’est déjà avoir un avantage sur les autres. En effet, le stress professionnel ne représente pas seulement une menace. C’est un phénomène que l’on peut apprendre à gérer, soulignent les spécialistes de l’analyse comportementale en entreprise. Bien canalisé, il constitue un véritable moteur. Mal géré, ce même stress rend la vie impossible. À haute dose, le stress professionnel est source d’erreurs, d’agressivité et de frustration, et s’il devient trop intense, trop répétitif, il nous arrive de perdre nos moyens.
En ce sens, le management du stress est une pratique amenée à se développer en entreprise où les managers ont un rôle-clef à jouer en devenant des régulateurs de stress pour leurs collaborateurs. Cependant, les managers ont-ils vocation à gérer le stress ? Il est vrai qu’ils ont un rôle-clef à jouer en tentant de contrôler le stress de leurs collaborateurs : en identifiant les problèmes, en étant à l’écoute, en provoquant la discussion, mais aussi en leur faisant confiance et en leur laissant des espaces de liberté. Mais il ne faut pas oublier qu’un manager est avant tout un être humain et qu’il n’échappe pas, lui non plus, au stress. Alors, comment peut-il dompter efficacement le stress des autres ? Le management du stress ne serait-il pas, avant tout, une affaire personnelle ?
* Spécialiste en gestion des ressources humaines - Centre de Recherches et d’études doctorales de l’ESA (CRED).
En coopération avec l’ESA
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