Le vice-président de la Chambre, Farid Makari, s’est montré hier plutôt pessimiste quant à l’aboutissement du dialogue national. « Nous voulons croire que le dialogue a vu le jour pour qu’il réussisse, mais la dernière séance a montré un recul du fait de l’attachement de certaines parties à ce que le président Lahoud reste à Baabda », a-t-il dit, avant de poursuivre : « Il existe des appréhensions sur le fait que certaines forces œuvrent en vue de l’échec de ce dialogue pour des intérêts non libanais. Nous espérons que ces parties ne reçoivent plus de directives venant de l’autre côté de la frontière. »
Le député de la Békaa-Ouest, Robert Ghanem, a de son côté appelé les participants au dialogue à « fournir les plus grands efforts pour s’entendre sur les questions concernant les armes du Hezbollah et la présidence ». « Les Libanais dans le monde, ainsi que les amis du Liban, attendent les résultats de ce dialogue, puisque l’échec est interdit, et que le Liban doit prouver qu’il est capable de résoudre ses problèmes », a-t-il déclaré. Et de conclure : « Le peuple et l’histoire ne pardonneront pas à la partie qui sera un obstacle au règlement des problèmes libanais. Ce peuple a beaucoup donné pour son pays, et c’est maintenant au tour des responsables de consentir des sacrifices. »
Quant à l’ancien Premier ministre, Nagib Mikati, il a estimé hier que si « la conférence de dialogue interlibanaise est positive parce qu’elle a permis un échange d’idées en dehors de la rue », elle sera toutefois « incapable d’aboutir actuellement à des solutions définitives, tant que la région est en crise ». « Je ne m’attends pas à des développements décisifs au niveau du dossier libanais, à moins que des issues ne se dévoilent dans l’un des grands dossiers régionaux, ce qui n’a pas l’air d’être sur le point de se produire », a-t-il déclaré.
M. Mikati, qui était l’invité de l’association des « Jeunes hommes d’affaires », a cependant affirmé ne pas avoir peur « d’une évolution négative de la situation monétaire au Liban, et ce pour plusieurs raisons ». « Les banques internationales sont prêtes à soutenir le Liban avec des taux d’intérêt réduits, la valeur de la réserve d’or de la Banque du Liban a augmenté du fait de la hausse des prix mondiaux et l’économie libanaise fonctionne bien en principe », a-t-il dit. Il a enfin annoncé qu’il était sur le point de lancer « un nouveau style d’action politique sous le nom du “contrat national”, qui permettra aux différentes parties libanaises de réfléchir ensemble sur les moyens de construire le Liban ».
Enfin, le vice-président du Conseil supérieur chiite, cheikh Abdel Amir Kabalan, a salué la poursuite du dialogue, mettant en garde contre le recours à la rue « qui signifierait la mort du Liban ». « Que les séances soient prolongées jusqu’à ce que toutes les questions soient réglées », a-t-il dit, avant d’appeler les leaders libanais « à ne pas rouvrir les plaies du passé ». « Tout le monde a fait des erreurs », a-t-il conclu.
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