Sous son chapeau de cow-boy, un Américain explique au micro à plus de 150 imams et rabbins coiffés de toques, turbans, kippas ou chapeaux noirs comment chacun doit écrire sa question sur une grande feuille pour mieux discuter d’un travail commun pour la paix, lors du deuxième congrès à Séville (en Espagne).
Plus tôt dans la journée, les discussions ont viré à l’aigre. Des représentants de la bande de Gaza ont voulu ouvrir le dossier de l’occupation israélienne, estimant vain de parler d’éducation ou de famille alors que dans les territoires palestiniens les gens ne pouvaient pas se marier faute de travail. Des rabbins ont répondu qu’il fallait garder la politique hors du débat religieux. Le grand rabbin d’Israël, Yona Metzger, « a été le premier à parler politique en évoquant les opérations palestiniennes, mais pas les problèmes des Palestiniens », regrette l’imam de Gaza Imad al-Falouji ; « aujourd’hui à Gaza, on manque de nourriture, est-ce que je peux m’abstraire de cette réalité » ?
Autre dispute, cette fois entre musulmans : l’ancien mufti de Marseille (France), Soheib Bencheikh, a insisté sur la nécessité d’une lecture critique des textes sacrés et dénoncé un recours à l’ONU dans l’affaire des caricatures de Mohammad. Le directeur général de l’Isesco, branche culturelle de l’Organisation de la conférence islamique, Abdulaziz Othman Altwaijiri, a souligné souhaiter que l’ONU légifère contre les offenses envers toutes les religions. « Ce qui envenime les débats, c’est le sentiment que les gens n’ont jamais eu l’occasion de s’exprimer », souligne David Meyer, rabbin à Brighton (Grande-Bretagne). « Ce qui compte c’est que les religieux retrouvent le courage de dire ce qu’il faut face à leur propre communauté. Quand j’invite l’imam de Brighton dans ma synagogue, j’ai la moitié de ma communauté qui me fait la tête. »
Les organisateurs de la fondation Hommes de parole se réjouissent, eux, de cette franchise et soulignent que, par rapport au premier congrès en 2005, la participation musulmane s’est renforcée, venue notamment des territoires palestiniens mais aussi de Jordanie, avec des messages du roi du Maroc et du prince jordanien Hassan ben Talal.
Côté juif, plusieurs rabbins orthodoxes sont venus d’Israël – il a d’ailleurs fallu annuler un spectacle de flamenco prévu à l’hôtel où se tient le congrès car des femmes y dansaient.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Sous son chapeau de cow-boy, un Américain explique au micro à plus de 150 imams et rabbins coiffés de toques, turbans, kippas ou chapeaux noirs comment chacun doit écrire sa question sur une grande feuille pour mieux discuter d’un travail commun pour la paix, lors du deuxième congrès à Séville (en Espagne).
Plus tôt dans la journée, les discussions ont viré à l’aigre. Des représentants de la bande de Gaza ont voulu ouvrir le dossier de l’occupation israélienne, estimant vain de parler d’éducation ou de famille alors que dans les territoires palestiniens les gens ne pouvaient pas se marier faute de travail. Des rabbins ont répondu qu’il fallait garder la politique hors du débat religieux. Le grand rabbin d’Israël, Yona Metzger, « a été le premier à parler politique en évoquant les opérations...