Un ouvrage qui vient à point nommé pour restituer la mémoire collective en ce pays où l’on s’acharne à détruire plus qu’à construire. Makahi Bayrouth al-Chaëbiya – 1950-1990 de Chawki Doueihy (Les cafés populaires de Beyrouth – 1950-1990, Dar an-Nahar, 126 pages) est un ouvrage qui dépasse de loin le simple « repertoriage » ou constat de l’état des lieux. Professeur d’anthropologie à l’Université libanaise, l’auteur jette la lumière, avec analyse sociologique, sur ces cafés populaires qui étaient l’âme et le cœur battant de certaines artères ou places publiques. Une vraie notion folklorique avec couleurs locales. Aujourd’hui, les cafés fleurissent, certes (regardez Gemmayzé et Monnot), mais ce n’est plus la même chose…Plongée donc dans le cœur de ces cafés. Pas un catalogue, pas un article de presse, pas un guide touristique, pas une description impressionniste où tout n’est qu’apparence… Dans cet opus fouillé et sérieusement documenté, où l’historique, l’identité du propriétaire sont mis en lumière afin de mieux connaître le public qui hante ces lieux où l’on sirote café, thé et où l’on tire de profondes bouffées sur des narguilés au tabac parfumé. Cafés du centre de la ville, des grands quartiers, des venelles ou en bord de mer, la spécificité de chacun et sa clientèle, naturellement, varient. Café Farouk à la place Riad el-Solh, café al-Bacha à Basta, café al-Raouda à Ras-Beyrouth et la liste est loin d’être exhaustive pour ces cafés dont l’histoire se confond parfois avec celle du pays. Non pas simple témoignage, mais un livre écrit dans un arabe fluide et clair, qui se lit comme un roman, car il donne à ces innombrables cafés une âme, une vie, une identité…
Edgar DAVIDIAN
Un ouvrage qui vient à point nommé pour restituer la mémoire collective en ce pays où l’on s’acharne à détruire plus qu’à construire. Makahi Bayrouth al-Chaëbiya – 1950-1990 de Chawki Doueihy (Les cafés populaires de Beyrouth – 1950-1990, Dar an-Nahar, 126 pages) est un ouvrage qui dépasse de loin le simple « repertoriage » ou constat de l’état des lieux. Professeur d’anthropologie à l’Université libanaise, l’auteur jette la lumière, avec analyse sociologique, sur ces cafés populaires qui étaient l’âme et le cœur battant de certaines artères ou places publiques. Une vraie notion folklorique avec couleurs locales. Aujourd’hui, les cafés fleurissent, certes (regardez Gemmayzé et Monnot), mais ce n’est plus la même chose…Plongée donc dans le cœur de ces cafés. Pas un catalogue, pas un...
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