Prière
Ne sachant plus pardonner ou maudire
Le rêve s’étouffe entre les larmes et le rire
Boursouflé sous le poids de l’infirme
Tu prostitues ton être sur l’autel du Sublime
Venge-toi, âme vaine, et que ta chétive demeure
S’illumine d’un soleil noir de maints pleurs
Car Gebran s’irradie dans les cœurs
Car Gebran baigne dans les eaux de son encre
Du fond des nuits moroses
Un père rallume le feu des milliers de roses.
Kristel TYAN
Mon père avait raison
Les yeux rougis par les larmes de sang
La colère remplit l’être
La tristesse gonfle la poitrine
Le cœur est gros
Et je voudrais exploser
Et voilà
Votre pardon nous bouleverse. Nous chavire
L’effet de vos mots sonne comme le tocsin
Votre énergie nourrit la flamme de notre combat
Vous représentez la dernière étoile éclairant le ciel noir du Liban
Mon père disait vrai :
« Le seul cerveau sur cette terre est Ghassan Tuéni »
Gebran n’est pas mort.Nous en sommes sûrs
Il vit en chacun de nous.
Joseph Nicolas SABA
Bruxelles
Gebran
Gebran est mort, dit le peuple
Gebran est parti, crie le Liban
Non
Gebran est là, à côté de nous
Gebran éclaire notre chemin
Gebran est notre esprit
Ta plume est une bougie
Ta plume est notre vie
Tu resteras ici
Même après que tu sois parti
Et on restera unis
Comme tu l’avais dit.
Chantal CHALOUHI
14 ans
Une leçon d’espoir
« La douleur est un fruit : Dieu ne le fait pas croître sur la branche trop faible encore pour le porter. » J’avais recopié cette citation et voilà qu’hier, à travers mes larmes, elle m’est revenue en mémoire. Je vous remercie, M. Ghassan Tuéni, d’être apparu si digne aux funérailles de votre fils. Comme je vous admire d’avoir pu parler de pardon en un moment si dur, que vous avez hélas déjà vécu plus d’une fois... Avec votre petite-fille Nayla, les rôles se trouvaient inversés dans cette pièce tragique : nous étions éplorés et vous veniez, vous deux, avec vos mots si tristement magnifiques, nous soutenir et nous pousser à aller de l’avant.
Nous resterons unis comme nous l’a demandé Gebran, mais je ne pourrai pas satisfaire votre demande : je ne pourrai pas retenir mes pleurs.
Rassurez-vous, ce ne sont pas les larmes de la défaite mais celles de notre faiblesse humaine si durement éprouvée cette année. Main dans la main, face à nos ennemis, nous défendrons encore et toujours notre pays déchiré.
Je te promets, Gebran, que bientôt les beaux jours reviendront et verront naître de cette terre pour laquelle tu t’es sacrifié des cèdres magnifiques, aux racines bénies par ton sang et celui de tous les martyrs. Ta main écrivait ce que ton cœur lui dictait. Puisse l’encre de tes écrits ne jamais sécher.
Que Dieu ait ton âme.
Léna Joseph NJEIM
Le chemin de la liberté
Cher Gaby,
Je voudrais te remercier pour tout ce que tu as fait pour nous Libanais, pour ta détermination et ton courage de dire ouvertement ce que la majorité de la population désire et souhaite entendre.
Pour ton acharnement pour un pays démocratique, pour la liberté de choisir son destin, pour un pays souverain, sain de corps et d’esprit, je te salue.
Je te salue, cher Gebran, d’avoir porté la flamme de la liberté au grand jour.
Je te salue pour la portée de tes paroles et de tes actions afin de sauver notre pays des forces étrangères.
Je te salue d’avoir redonné à la presse sa liberté d’expression.
Je te salue pour la liberté, la fierté et le courage que tu nous as donnés de nous déclarer Libanais, que nous soyons chrétiens, musulmans ou autres...
Je te salue pour avoir donné au peuple le courage de manifester ouvertement son désir.
Je te salue pour avoir redonné au peuple libanais son honneur.
Gaby, quand tu nous as quittés, cela m’a désemparé. J’ai senti une partie de mon enfance, de mon adolescence disparaître avec toi, mais le courage de continuer le combat s’est renforcé.
Je me suis rappelé en quelques secondes toute notre enfance à Beit-Méry et à Paris.
J’ai été sur ton site pour réécouter tes discours, pour ne jamais oublier pourquoi tu es parti.
Je suis honoré d’avoir partagé mon enfance et mon adolescence avec toi.
Je présente mes condoléances à ta femme Siham et à tes filles, que malheureusement je n’ai pas eu l’occasion de connaître, et je leur dis ceci : ton départ n’est pas une fin, mais le commencement du chemin de la liberté.
Toute ma famille, ma mère Maryse Gédéon, mes sœurs, Marilyn et Maya, nous te saluons.
Marwan Mounir TAKCHI
Laval, Québec Canada
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