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CHINE Le social et l’environnement, victimes du « miracle économique »

Si l’année 2005 a vu une nouvelle fois une croissance prodigieuse de la Chine, elle a aussi montré que le « miracle économique » chinois a un coût élevé dans le domaine social et pour l’environnement. La multiplication cette année des révoltes et des accidents industriels et écologiques cadre mal avec les ambitions du président Hu Jintao et du Premier ministre Wen Jiabao de construire une « société harmonieuse », conformément au XIe plan économique quinquennal (2006-2010) entériné en octobre et qui désormais fait partie de la propagande quotidienne. L’« atelier du monde », avec sa population de 1,3 milliard d’habitants, a encore connu une forte croissance tirée par les exportations – supérieure à 9 % selon toutes les estimations, l’une des plus fortes au monde, illustrant le dynamisme économique du géant de l’Asie, plus de 25 ans après le lancement des réformes économiques. Alors que l’OCDE a prévu que la Chine deviendrait la quatrième économie au monde d’ici à cinq ans, le vice-ministre du Commerce, Gao Hucheng, a estimé en novembre que son pays pourrait être la deuxième puissance commerciale mondiale en 2008 et la première entre 2015 et 2020 si son commerce croît à un rythme de 15 % par an. La Chine dépasserait ainsi d’abord l’Allemagne puis les États-Unis. Mais ce « miracle économique », dans un pays encore majoritairement rural, se construit au détriment des droits sociaux et de l’environnement. Pour l’internationale syndicale CISL, le Parti communiste chinois au pouvoir s’est converti, sans aucune retenue, à un « capitalisme casino », marqué par l’enrichissement d’une minorité grâce à l’exploitation d’une masse d’ouvriers mal payés et sans aucun droit, issus des campagnes. Dans le secteur industriel, la sécurité n’est guère respectée et les accidents ont tué plus de 15 000 personnes, dont 6 000 uniquement dans les mines, selon les chiffres officiels que des experts indépendants jugent cependant bien éloignés de la réalité. En 2005, les houillères chinoises ont conservé un bien triste record mondial, celui d’être les plus dangereuses, avec une série d’accidents, dont l’un des plus graves de ces dernières années dans une mine publique de la province du Heilongjiang (nord-est du pays), qui a fait 171 morts, fin novembre. Dans la même région, l’explosion peu avant d’une usine pétrochimique a causé une grave pollution et privé d’eau pendant cinq jours les habitants de la ville de Harbin. Dans le pays, les manifestations de mécontentement, provoquées par la montée des inégalités, la corruption, les saisies de terres dans les campagnes ou les conflits salariaux dans les villes, se sont multipliées. Selon les chiffres officiels, il y a eu 74 000 révoltes et autres « incidents impliquant des masses » l’année dernière à la fois dans les campagnes et dans les villes, contre 10 000 dix ans plus tôt. Cela va des ouvriers aux salaires impayés qui menacent de se jeter du haut des immeubles dans les grandes villes aux protestations de paysans dans les villages.
Si l’année 2005 a vu une nouvelle fois une croissance prodigieuse de la Chine, elle a aussi montré que le « miracle économique » chinois a un coût élevé dans le domaine social et pour l’environnement.
La multiplication cette année des révoltes et des accidents industriels et écologiques cadre mal avec les ambitions du président Hu Jintao et du Premier ministre Wen Jiabao de construire une « société harmonieuse », conformément au XIe plan économique quinquennal (2006-2010) entériné en octobre et qui désormais fait partie de la propagande quotidienne.
L’« atelier du monde », avec sa population de 1,3 milliard d’habitants, a encore connu une forte croissance tirée par les exportations – supérieure à 9 % selon toutes les estimations, l’une des plus fortes au monde, illustrant le dynamisme économique...