Rechercher
Rechercher

Actualités

Histoire d’Aurélie

En avril 2005, alors que le pays vivait les bouleversements que l’on connaît, Aurélie, une jeune malgache parfaitement en règle, se fait arrêter à un barrage volant des FSI et se retrouve, menottée, au commissariat d’Achrafieh. Aurélie portait sur elle des photocopies de ses permis de séjour et de travail (le préposé à la Sûreté générale nous l’ayant conseillé). Aussitôt avertis, nous allons au commissariat présenter les papiers originaux, mais il nous fallait, dirent-ils, payer une amende. Soit, payons ! « Ah non madame, votre amende devra être payée au tribunal ; attendez d’être notifiée. » Lorsque la sœur d’Aurélie (dans le même cas) nous rapporta que son employeur avait déjà réglé son amende quelques jours plus tard, je décidai d’aller m’enquérir auprès du commissariat de Gemmayzé de la procédure. On m’expliqua que je devais demander où en était ma convocation au tribunal. Ce que je fis, mais là-bas, nulle trace de nos noms, et leur réponse fut : « Il faut attendre madame que les FSI vous notifient à la maison. » Soit, attendons. Au mois de juin, je refais le même circuit (commissariat, tribunal). Le responsable, voyant qu’il n’y avait toujours pas trace de convocation, m’apprend qu’il était courant que les agents chargés de déposer les papiers chez les « contrevenants » préfèrent plutôt manger une bonne « mankoucheh » et revenir prétextant n’avoir trouvé personne à la maison. Ce même responsable, me prenant en pitié (il n’avait jamais vu un citoyen courir après l’État pour lui payer !), fait quelques appels et m’annonce fièrement que la convocation était pour le 24 novembre ! Soit 5 mois plus tard ! (Eh oui, madame, c’est l’été !) Le 24 novembre 2005, nous étions au tribunal à l’heure annoncée sur le papier (un agent des FSI plus futé et moins gourmand avait réussi à trouver le domicile). Nous y avons passé 5 longues heures, debout, pour nous entendre dire, lorsque le nom d’Aurélie fut enfin prononcé, la phrase suivante, ou plutôt le code suivant : « 8,12 ! » J’ai timidement essayé de comprendre et l’on m’a annoncé que je n’étais pas au bout de mes peines, il fallait que je revienne payer le 8 décembre ! 8 décembre 2005, nous sommes de nouveau au tribunal pour payer, mais on m’annonce que la sentence est passée, mais que le règlement se fera le 8 janvier 2006 ! Et là, très gentiment, le préposé se penche vers moi et me dit sur le ton de la confidence : « Enfin, il y a des chances que votre papier ne soit pas parmi ceux du 8, vous savez, les fêtes ! » Tout cela pour une amende de 50 000 LL ! À lire, cela a dû vous paraître très long, à vivre ça l’était encore plus. Alors, mes questions, messieurs, sont les suivantes : - est-ce normal de devoir payer une amende lorsque nous sommes en règle, alors que des milliers d’étrangers se trouvent en situation irrégulière au vu et au su des autorités ? - est-ce normal d’attendre 10 mois et peut-être plus pour finaliser une opération aussi banale que le paiement de 50 000 LL ? - est-ce normal de passer cinq heures au tribunal, avec des voleurs à la tire et autres voyous, pour s’entendre dire qu’il faut revenir encore et encore ? - qui est donc responsable de ces institutions où la perte de temps, d’énergie et d’argent est monnaie courante ? - pourquoi n’y a-t-il pas de vraie coordination entre ces institutions et pourquoi aucun communiqué n’explique que les employées de maison devraient être en possession de leurs papiers originaux ? Des questions comme celles-là, j’en aurais encore des centaines à vous poser. Je me contenterai d’une réponse satisfaisante à celles posées ci-dessus. Merci d’avance. N. DEBS
En avril 2005, alors que le pays vivait les bouleversements que l’on connaît, Aurélie, une jeune malgache parfaitement en règle, se fait arrêter à un barrage volant des FSI et se retrouve, menottée, au commissariat d’Achrafieh. Aurélie portait sur elle des photocopies de ses permis de séjour et de travail (le préposé à la Sûreté générale nous l’ayant conseillé).
Aussitôt avertis, nous allons au commissariat présenter les papiers originaux, mais il nous fallait, dirent-ils, payer une amende. Soit, payons ! « Ah non madame, votre amende devra être payée au tribunal ; attendez d’être notifiée. »
Lorsque la sœur d’Aurélie (dans le même cas) nous rapporta que son employeur avait déjà réglé son amende quelques jours plus tard, je décidai d’aller m’enquérir auprès du commissariat de Gemmayzé...