Le Centre Pompidou rend hommage à Charlotte Perriand, designer engagée qui collabora notamment avec Le Corbusier, dans une exposition qui présente, jusqu’au 27 mars, l’ensemble du travail de cette théoricienne de l’« art d’habiter »
Une soixantaine de pièces originales et de nombreux documents retracent les grandes étapes de la vie de Charlotte Perriand qui a traversé le XXe siècle et marqué l’histoire du design.
Née en 1903 dans une famille d’origine savoyarde, ancienne élève de l’École de l’Union centrale des arts décoratifs, Charlotte Perriand conçoit ses premiers meubles en 1927. Sa première réalisation, le Bar sous le toit, en acier et aluminium, suivie d’une Salle à manger dotée d’une table extensible et de fauteuils tournants, l’amène à entrer à l’atelier de Le Corbusier et de Pierre Jeanneret comme associée pour l’équipement de la maison.
Elle travaille notamment à des programmes d’équipement de collectivités, comme ceux de la Cité du refuge pour l’Armée du salut.
Parmi les meubles de cette période présentés à Beaubourg figurent une chaise longue basculante, un fauteuil à dossier basculant, un tabouret recouvert de tissu éponge interchangeable, des lits, des casiers.
Charlotte Perriand utilise des matériaux nouveaux, issus de l’industrie automobile et aéronautique. «Le métal est à l’agencement intérieur ce que le ciment est à l’architecture. C’est une révolution », affirme-t-elle. Un texte-manifeste, Wood or Metal (bois ou métal), publié en 1929 dans la revue anglaise The Studio, résume son credo.
Lorsqu’elle utilise du bois, comme dans une table en sapin réalisée en 1938, elle souligne : « Pas d’arrondis mollassons, des droites et des tangentes nerveuses. »
Charlotte Perriand, proche du PCF, participe activement à la réflexion sur l’architecture moderne menée au sein du mouvement des Congrès internationaux d’architecture moderne (CIAM).
Elle collabore aux recherches de Le Corbusier sur le « logement minimum » et imagine une « maison de week-end » légère et mobile en bord de rivière, un « refuge-bivouac » pour six personnes qui offre sur 8 mètres carrés un équipement compact et transformable ou un « refuge-tonneau » pour la montagne. L’exposition présente des photographies, des maquettes et des visualisations sur ordinateur de ces projets.
Au lendemain de la guerre, Charlotte Perriand conçoit des systèmes de tiroir avec tirettes et crémaillères en aluminium, des cuisines intégrées, des cabines sanitaires... Son mobilier fonctionnel se veut toujours « discret et homogène face à l’architecture ».
À partir de 1967, cette passionnée de montagne, qui a travaillé au Japon et au Brésil, collabore à la création de la station de ski Les Arcs, intervenant au niveau de l’architecture comme de l’aménagement des appartements. Elle privilégie le contact avec l’extérieur par l’intermédiaire de larges baies vitrées et de balcons surélevés, et conçoit notamment des salles de bains préfabriquées, formées de deux coques de polyester, et des placards « respirants ».
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Une soixantaine de pièces originales et de nombreux documents retracent les grandes étapes de la vie de Charlotte Perriand qui a traversé le XXe siècle et marqué l’histoire du design.
Née en 1903 dans une famille d’origine savoyarde, ancienne élève de l’École de l’Union centrale des arts décoratifs, Charlotte Perriand conçoit ses premiers meubles en 1927. Sa première réalisation, le Bar sous le toit, en acier et aluminium, suivie d’une Salle à manger dotée d’une table extensible et de fauteuils tournants, l’amène à entrer à l’atelier de Le Corbusier et de...