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Une priorité, la réhabilitation effective du tissu policier sécuritaire

Le Conseil de sécurité appelé à se réunir, pour débattre du rapport Mehlis et proroger la mission d’enquête. Et la terrible nouvelle qui tombe : assassinat de Gebran Tuéni. À Mkallès, non loin de Monteverde, siège de la commission internationale. La voiture blindée du grand journaliste, du député charismatique, du militant de l’indépendance n’a pu le protéger d’une charge explosive de plus de 100 kilos. Projeté à plusieurs mètres au-dessus du sol par le souffle de l’explosion, le véhicule s’est pulvérisé en touchant terre et ses occupants ont péri sur le coup. Le choc parmi l’opinion a été aussi immédiat que brutal et profond. Tous les Libanais s’en trouvent fortement secoués, meurtris. Ce crime abominable est le 15e de la liste noire terroriste qui a commencé le 1er octobre 2004 avec la tentative d’attentat contre Marwan Hamadé. Qui en a, grâce à Dieu, réchappé, ainsi qu’Élias Murr et, le 25 septembre dernier, May Chidiac. Tandis que Rafic Hariri, Bassel Fleyhane, leurs compagnons, Samir Kassir, Georges Haoui et tant d’anonymes étaient tués. On savait, à cause de multiples avertissements variés, que la menace d’assassinats persistait. Beaucoup de figures publiques s’étaient réfugiées à l’étranger, notamment à Paris ou en Suisse. Mais, deux mois après l’attentat contre May Chidiac, certains avaient pensé que le plan terroriste était annulé. Car auparavant, les attentats se produisaient à quelques jours d’intervalle. Des retours ont commencé à se faire, comme celui d’Élias Murr. Gebran Tuéni lui-même était revenu pour assumer ses responsabilités multiples, écrire, intervenir à la Chambre. Où, dernièrement, il a posé une question sur les militaires tués en octobre 1990, demandant que l’on interroge le président de la République, qui était à l’époque commandant en chef de l’armée. Puis il avait transformé une question parlementaire au gouvernement sur le charnier de Anjar en interpellation. Tout dernièrement, l’on a de fait reparlé d’une liste de cibles, en évoquant généralement cinq noms d’hommes politiques. Walid Joumblatt a déclaré alors craindre une reprise du cycle de violences au Liban. Laissant entendre qu’il y aurait un lien avec les pressions subies par le système SR syrien à travers les investigations concernant l’assassinat du président Hariri. Or Gebran Tuéni se distinguait par ses positions en flèche contre ce système et ses acolytes locaux. Pour beaucoup, son assassinat est signé, constitue un message évident. Un défi ouvert, lancé à la communauté internationale par un régime syrien qui a déclaré, à la tribune de l’université de Damas, qu’il optait pour la résistance et la confrontation, le prix étant moins coûteux, à son avis, que la soumission. Localement, il s’agirait de terroriser les parties du 14 mars, pour torpiller leurs efforts en vue de se réunifier. Mais d’autres pensent que Damas, qui a actuellement une épée de Damoclès suspendue au-dessus de sa tête, peut être difficilement soupçonnée. Ils voient plutôt une implication israélienne, l’objectif étant justement de pousser le Conseil de sécurité à sanctionner la Syrie. Voire d’inciter l’Amérique à la frapper militairement ou à en charger l’armée israélienne. Au-delà des spéculations, la vraie question à poser reste de savoir s’il y a moyen de contrôler la sécurité dans ce pays. Jusqu’à présent, la police, au sens large du terme, n’a pas été en mesure de dépister les criminels. Cela alors que les Jordaniens de leur côté n’ont pas mis 48 heures pour identifier les coupables des attentats commis chez eux. Mais les services libanais sont handicapés : ils sont en pleine restructuration, technique et identitaire, si l’on peut dire. L’assassinat de Gebran Tuéni doit en réalité porter les autorités à comprendre quelle priorité constitue le redressement de la sécurité, donc des services qui en sont chargés. Leur requalification passe d’abord par leur épuration des résidus de réseaux syriens. Et par la neutralisation de cette toile d’araignée qui subsiste effectivement, si l’on en croit les évêques maronites et le patriarche Sfeir. Cet objectif, soulignent plusieurs politiciens, ne peut être atteint qu’avec le concours des instances internationales et de leurs experts. Philippe ABI-AKL
Le Conseil de sécurité appelé à se réunir, pour débattre du rapport Mehlis et proroger la mission d’enquête. Et la terrible nouvelle qui tombe : assassinat de Gebran Tuéni. À Mkallès, non loin de Monteverde, siège de la commission internationale. La voiture blindée du grand journaliste, du député charismatique, du militant de l’indépendance n’a pu le protéger d’une charge explosive de plus de 100 kilos. Projeté à plusieurs mètres au-dessus du sol par le souffle de l’explosion, le véhicule s’est pulvérisé en touchant terre et ses occupants ont péri sur le coup. Le choc parmi l’opinion a été aussi immédiat que brutal et profond. Tous les Libanais s’en trouvent fortement secoués, meurtris. Ce crime abominable est le 15e de la liste noire terroriste qui a commencé le 1er octobre 2004 avec la...