Les émeutes urbaines en France sont exploitées à l’envi par des internautes islamistes, qui jettent de l’huile sur le feu, récupérant les actes des pyromanes pour appeler insidieusement au jihad.
Ces violences, perpétrées par des jeunes d’origine maghrébine et africaine dont beaucoup sont musulmans, n’ont certes été revendiquées par aucun groupe de la mouvance jihadiste, mais les sites islamistes regorgent de commentaires incendiaires. « La police française a causé la mort par électrocution de deux jeunes musulmans. Les musulmans ont manifesté. La police a riposté violemment en lançant des grenades lacrymogènes contre des fidèles dans une mosquée durant la prière. Et de plus, le ministre de l’Intérieur a traité de “racaille” » les immigrés musulmans », affirme ibn al-fourat .
« Paris brûle », titre le site al-firdaous avec, à l’appui, 57 photos de voitures calcinées et de bâtiments éventrés. Les photos sont accompagnées de slogans incendiaires : « Allah Akbar ! », « Allah, ajuste les frappes des moudjahidine ! », « Allah, accorde-leur la victoire ! »
« L’intifada, à laquelle les responsables français ne s’attendaient pas, va-t-elle se transformer en un front jihadiste ? » feint de s’interroger un autre internaute. « Ces jeunes doivent s’enorgueillir d’être des moudjahidine », répond-il lui-même.
« Les actes de violence s’intensifient en France malgré les mises en garde des responsables et les menaces de lourdes peines de prison. La France fait face aux plus graves actes de violence de son histoire. Allah Akbar », se félicite al-saf.net.
« Une lecture attentive des informations en provenance de Paris laisse penser qu’il s’agit d’une révolution islamique. C’est le gouvernement français qui a commencé par provoquer les musulmans dans ce pays », estime Mohammed Hafedh sur al-saha. Pour éteindre « l’intifada », il préconise « la démission du ministre de l’Intérieur, des excuses du Premier ministre pour les mauvais traitements infligés aux musulmans, des négociations immédiates avec les dirigeants des musulmans en France pour satisfaire leurs revendications et l’ouverture d’une enquête sur les causes du déclenchement des émeutes, en vue de présenter à la justice les responsables de la mort des deux musulmans ». Mais, lance-t-il, « les troubles vont se poursuivre et s’étendre ».
Bon nombre d’internautes font assumer au ministre de l’Intérieur français, Nicolas Sarkozy, la responsabilité de cette violence urbaine. « La politique sécuritaire appliquée par le ministre l’Intérieur, fondée sur la répression tous azimuts, a échoué mortellement », décrète l’un d’eux sur al-firdaous, à qui revient la palme de la surenchère en matière de propos incendiaires.
Le Premier ministre français, Dominique de Villepin, a déclaré lundi qu’il ne croyait pas que des groupes islamistes soient impliqués dans « l’essentiel » de ces violences dans les banlieues. « Il y a bien sûr une inquiétude, en ce qui nous concerne, de l’islamisme, d’une mouvance radicale. Je ne crois pas qu’aujourd’hui ce soit l’essentiel, même s’il ne faut pas négliger cet élément-là », a déclaré M. de Villepin dans une interview télévisée.
Tout en estimant que « la violence et le sabotage ne sont pas les meilleurs moyens (de s’exprimer) dans un État de droit », le rédacteur en chef du quotidien arabe londonien al-Quds al-Arabi, Abdel-Bari Atwan, déplorait mardi dans un éditorial « l’offensive sauvage en Europe contre l’islam et ses adeptes depuis les événements du 11 septembre » aux États-Unis. « L’intifada des marginalisés, des affamés et des opprimés en France pourrait s’étendre à Berlin, à Francfort, à Amsterdam, à Londres, voire à Stockholm », avertissait-il.
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