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Actualités - Opinion

CITOYEN GROGNON Pestilentielles odeurs

Il était une fois un cargo battant pavillon panaméen qui transportait 7 000 têtes de bétail à destination du port de Beyrouth. Il était une fois des habitants d’Achrafieh et de ses environs qui n’en pouvaient plus de respirer les odeurs pestilentielles qui les obligeaient à se calfeutrer chez eux, fenêtres fermées, nuit et jour. Il était une fois des automobilistes qui, envahis par des relents nauséabonds, fermaient précipitamment leurs vitres, à la hauteur de la Quarantaine. 7 000 bœufs, dans un cargo, cela n’a rien d’étonnant. Sauf que ces bœufs étaient entassés comme des sardines et qu’ils macéraient dans leur bouse. Car de la bouse, ils en avaient partout, sur la tête, dans la bouche et jusque dans les oreilles. Avec, en prime, des nuées de mouches et d’insectes agglutinés, qui se régalaient aux dépens des pauvres bêtes. Pauvres bêtes, voilà bien le cas de le dire. Les 7 000 bœufs venaient d’endurer un voyage de 25 jours en mer, par une chaleur torride, dans des conditions sanitaires on ne peut plus déplorables. Alerté par les habitants, le président de la municipalité de Beyrouth, Abdel Menhem Ariss a rapidement réagi, demandant aux différents ministères concernés, de l’Agriculture, de la Santé et des Transports, de prendre leurs responsabilités. Mais les bœufs ont été jugés « en bonne santé » par le ministère de l’Agriculture, qui a analysé des échantillons de sang prélevés sur seulement 50 bêtes. Mais il semblerait que ce ministère se soit trompé, car on apprenait plus tard le décès d’une partie du bétail. « Sans commentaire », répond le président de la municipalité qui révèle, néanmoins, que l’affaire est déjà entre les mains des tribunaux. « Un tel chaos est intolérable et ne devrait plus se répéter », estime-t-il encore. Indubitablement, aussi bien l’importateur des bêtes que le propriétaire du cargo n’ont pas respecté les consignes sanitaires. Le cargo a finalement pris le large, avec à son bord les bêtes vivantes et les carcasses des bœufs décédés. Heureuse initiative ! Mais le citoyen est en droit d’en savoir plus sur les conditions de transport du bétail destiné à la consommation locale. Dans l’attente, il se contente d’espérer que les carcasses ne seront pas larguées en pleine mer, au large de Beyrouth, provoquant alors une véritable catastrophe écologique. Anne-Marie EL-HAGE

Il était une fois un cargo battant pavillon panaméen qui transportait 7 000 têtes de bétail à destination du port de Beyrouth.
Il était une fois des habitants d’Achrafieh et de ses environs qui n’en pouvaient plus de respirer les odeurs pestilentielles qui les obligeaient à se calfeutrer chez eux, fenêtres fermées, nuit et jour. Il était une fois des automobilistes qui, envahis par des relents nauséabonds, fermaient précipitamment leurs vitres, à la hauteur de la Quarantaine.
7 000 bœufs, dans un cargo, cela n’a rien d’étonnant. Sauf que ces bœufs étaient entassés comme des sardines et qu’ils macéraient dans leur bouse. Car de la bouse, ils en avaient partout, sur la tête, dans la bouche et jusque dans les oreilles. Avec, en prime, des nuées de mouches et d’insectes agglutinés, qui se régalaient aux...