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Une étude suisse relance la controverse sur l’efficacité de l’homéopathie (photo)

L’efficacité des remèdes homéopathiques serait comparable à celle d’un placebo, c’est-à-dire pas plus efficace que de l’eau distillée ou qu’un comprimé ou gélule ne comportant pas la moindre molécule active, selon une étude publiée dans la revue médicale britannique The Lancet. Les auteurs de l’article, qui ont passé en revue plus de 200 études comparant des médicaments classiques et homéopathiques contre des placebos, relancent une controverse aussi ancienne que cette pratique vieille de près de deux siècles et fondée par l’Allemand Christian Friedrich Samuel Hahnemann (1755-1843). Cette analyse a été conduite par les Drs Aijing Shang et Matthias Egger, du département de médecine sociale et préventive de l’Université de Berne, en Suisse, en collaboration avec des collègues britanniques. Infections respiratoires, allergies aux pollens, asthme, douleurs articulaires et musculaires, problèmes gastro-intestinaux font partie des maux pris en compte dans ces diverses études. Les auteurs ont constaté que dans de petits essais réalisés sur peu de patients, les traitements conventionnels et homéopathiques sont meilleurs que le placebo. En revanche, lorsque l’on s’en tient aux essais plus importants de bonne qualité concernant les méthodes de travail utilisées, il n’y a aucune preuve crédible montrant que l’homéopathie soit supérieure au placebo. Ce qui n’est pas le cas pour les médicaments classiques. L’homéopathie traite en quelque sorte le mal par le mal (principe des «similitudes») avec des substances dérivées de minéral, de plantes ou d’origine animale, le tout hautement dilué au point qu’on peut n’y retrouver aucune trace de la molécule physiologiquement active de départ. «Pendant trop longtemps, l’homéopathie a bénéficié d’un “laisser-faire” politiquement correct, note The Lancet dans un éditorial. Mais plus les preuves de l’efficacité de l’homéopathie se diluent, plus elle semble devenir populaire.» Pour The Lancet, le temps n’est probablement plus à la poursuite de recherches pour perpétuer le débat entre homéopathie et allopathie (médecine classique). «Désormais, estime le magazine, les médecins doivent être honnêtes avec leurs patients sur l’absence de bénéfices de l’homéopathie et sur les échecs de la médecine moderne pour répondre à leur attente en matière de soins personnalisés.» En France, un laboratoire, leader mondial des médicaments homéopathiques, s’est insurgé contre cette publication, estimant que «le succès de l’homéopathie dérange encore et toujours». Il s’interroge sur « les motivations d’un tel acharnement à discréditer les médicaments homéopathiques prescrits par 150000 médecins à 300 millions de patients à travers le monde ». Il reproche aux auteurs d’avoir écarté «de manière arbitraire» des séries d’essais pour ne retenir dans leur analyse que ceux qui leur permettaient d’aboutir à des conclusions défavorables pour l’homéopathie et juge leurs conclusions «erronées». «Cette attaque du Lancet intervient curieusement alors qu’un rapport préliminaire de l’Organisation mondiale de la santé sur l’homéopathie présente des conclusions favorables à l’homéopathie», remarque la firme en se demandant si la revue médicale ne chercherait pas «à faire pression» sur l’OMS.

L’efficacité des remèdes homéopathiques serait comparable à celle d’un placebo, c’est-à-dire pas plus efficace que de l’eau distillée ou qu’un comprimé ou gélule ne comportant pas la moindre molécule active, selon une étude publiée dans la revue médicale britannique The Lancet.
Les auteurs de l’article, qui ont passé en revue plus de 200 études comparant des médicaments classiques et homéopathiques contre des placebos, relancent une controverse aussi ancienne que cette pratique vieille de près de deux siècles et fondée par l’Allemand Christian Friedrich Samuel Hahnemann (1755-1843).
Cette analyse a été conduite par les Drs Aijing Shang et Matthias Egger, du département de médecine sociale et préventive de l’Université de Berne, en Suisse, en collaboration avec des collègues...