Bien jolis, les trottoirs qui bordent les rues, à la ville ou même dans les villages. Bien jolis, avec leurs briques ovoïdes, grises, roses ou blanches, sagement alignées en dessins plus ou moins savants.
Bien jolis, mais si peu fonctionnels.
Et pour cause, marcher sur un trottoir de bout en bout relève réellement de l’exploit. L’expérience vaut bien la peine que l’on s’y essaie.
Mais avant de monter sur ce joli trottoir, il faudrait s’équiper d’un escabeau. Il est si haut perché ce joli trottoir, qu’il s’avère impraticable pour les personnes âgées et non moins difficile d’accès pour les autres.
Et si, par miracle, vous avez réussi à vous hisser sur le joli trottoir, veillez surtout à éviter les dizaines d’obstacles.
Poteaux électriques ; bacs à fleurs ; poubelles ; arbres plus ou moins faméliques car étouffés par les jolies briques ; mais aussi évidemment voitures 4 x 4 qui ont trouvé en ces trottoirs un bien ingénieux moyen de se garer : voilà quelques échantillons de tous les objets qui entraveront votre chemin, vous empêchant parfois de poursuivre votre marche.
Sans oublier les morceaux de fer qui émergent du sol ou les chaînes qui protègent l’accès à un parking, ou encore les blocs de pierre placés là par des commerçants plus concernés par leur propre bien-être que par la sécurité des piétons.
Vous voilà bien obligés de contourner le premier obstacle, d’enjamber le second, de vous cogner au troisième, de vous faire écorcher le pied par le quatrième. Vous vous retrouvez souvent même contraints de descendre sur la chaussée, car aussi mince que vous puissiez être, entre les multiples engins hétéroclites et vous, c’est souvent vous qui êtes de trop sur les trop étroits trottoirs.
Imaginez la pauvre mère de famille, affublée d’une poussette et d’enfants en bas âge, contrainte de se livrer à ces multiples acrobaties. Imaginez aussi un handicapé sur son fauteuil roulant qui, bloqué par les nombreux obstacles, se voit dans l’incapacité de poursuivre son chemin. Car ce ne sont pas les quelques rares passages pour handicapés, généralement choisis par les automobilistes comme parkings, qui lui permettront de se déplacer librement sur les trottoirs.
Mais nous sommes bien loin d’avoir fini. Désormais, de nouvelles cabines téléphoniques ont pris place, elles aussi, sur les jolis trottoirs. Bien jolies elles aussi et très pratiques, sans aucun doute, mais plutôt encombrantes par endroits.
Que dire aussi des crottes de chien qui ornent les trottoirs et que personne ne daigne nettoyer ?
Bien jolis, les trottoirs du pays, mais totalement à refaire, dans le respect cette fois, des normes internationales et surtout du piéton.
Anne-Marie EL-HAGE
Bien jolis, les trottoirs qui bordent les rues, à la ville ou même dans les villages. Bien jolis, avec leurs briques ovoïdes, grises, roses ou blanches, sagement alignées en dessins plus ou moins savants.
Bien jolis, mais si peu fonctionnels.
Et pour cause, marcher sur un trottoir de bout en bout relève réellement de l’exploit. L’expérience vaut bien la peine que l’on s’y essaie.
Mais avant de monter sur ce joli trottoir, il faudrait s’équiper d’un escabeau. Il est si haut perché ce joli trottoir, qu’il s’avère impraticable pour les personnes âgées et non moins difficile d’accès pour les autres.
Et si, par miracle, vous avez réussi à vous hisser sur le joli trottoir, veillez surtout à éviter les dizaines d’obstacles.
Poteaux électriques ; bacs à fleurs ; poubelles ; arbres plus ou moins...
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