C’est parce qu’elle se sait sensible, très « à fleur de peau », comme elle le dit, et qu’elle a jeté son dévolu sur les pots de fleurs, qu’elle a trouvé normal de baptiser son travail : « À fleur de pot ! ». Des pots éclatant de bonne humeur…
On se souvient de Jessica Anid, sa voix particulièrement aiguë, son physique de poupée, qui n’a pas changé depuis toutes ces années, sa prestation remarquée au théâtre dans Panique au Plaza, mis en scène par Nadine Mokdessi, dans le rôle de la nurse Arlette Morillot, et enfin sa franchise naturelle. Elle dit ce qu’elle pense, pense ce qu’elle dit et essaie de faire des choses différentes : « J’ai beaucoup réfléchi à une idée nouvelle, dit-elle, en roulant les r à sa manière. Et j’ai eu envie de faire des pots en terre cuite de tailles différentes, avec des motifs et surtout des couleurs éclatantes. » Aussitôt dit, aussitôt fait. « J’ai longtemps réfléchi, mais j’ai vraiment commencé il y a six mois. »
Des idées
« Je peins depuis longtemps », poursuit Jessica Anid. « Pendant des années, j’ai peint des masques africains. » Après avoir fait des études en architecture à Pennigen (« dans mes perspectives, je n’étais pas particulièrement douée pour les couleurs, je n’ai jamais compris le cercle chromatique ») interrompues la dernière année pour cause de mariage (« une décision que je n’ai jamais regrettée »), elle s’essaie, pour remplir son temps, dans la fabrication artisanale de différents objets. Des boucles d’oreille en passementerie aux clips phosphorescents pour cheveux, elle s’amuse, et vend bien. « J’ai pris des cours de théâtre pour vaincre ma timidité. Et c’est vrai que durant ces années-là, quatre ans, je me sentais moins timide. Mais surtout, en entrant dans la peau de personnages différents, j’ai mieux compris le comportement des gens et leur caractère.»
Les pots de fleurs
« Comme ta vie est colorée ! » se sont exclamés ses amis en voyant ses pots pour la première fois, exposés cette année au « Garden Show » de l’Hippodrome de Beyrouth et à Afk’art, à Verdun. Des pots avec des rayures, des fleurs, des rosiers ou des motifs plus abstraits. « Nous sommes dans un pays ensoleillé. Les gens ont des balcons, des jardins, des terrasses, et puis nous avons des fleurs superbes. » Hymne aux fleurs, donc, et à la couleur. Du rouge, du mauve, du vert, du jaune, « des couleurs que j’ai mis du temps à composer. » Le succès aidant, elle décide d’élargir sa gamme en proposant des tabliers de jardiniers signés « à fleur de pot », des savons en forme de fleurs, assortis avec les pots, ou encore des sacs en osier avec des fleurs, bien évidemment. « J’ai étudié la clientèle et j’ai remarqué que les femmes préfèrent s’acheter des objets personnels alors que les hommes aiment acheter des objets pour la maison. »
Jessica Anid « à fleur de pot », « j’avais cherché des noms avec le mot pot, il y avait pot-pourri, pot aux roses, pot au lait. Tous étaient déjà pris ! ». Jessica à fleur de peau, certes. Mais des pots gais et amusants pour les jours de grisaille.
Carla HENOUD
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